Le retour à la maison

Ce midi, bébé E et moi sommes rentrés à la maison.

La dernière fois que j’ai écrit au sujet de mon quotidien, il y a bientôt 3 mois, je vous laissais comme seule information un début d’hospitalisation, sans donner plus de nouvelles.

Comme très souvent depuis un peu plus d’un an, j’ai eu envie d’écrire pendant cette période, mais passé les quelques premiers articles, j’ai gardé mes réflexions pour moi. Souvent, elles étaient violentes, pleines de colère, et ils ‘en est passé des évènements depuis. J’en parlerais sans doute dans les jours ou semaines à venir, mais en attendant, voici un bref résumé.

J’ai passé 4 semaines seule en clinique privée, puis 7 semaines en maternologie avec bébé E.

La clinique privée, ce n’était vraiment pas une expérience sympa, au-delà d’une minorité de patients prêts à partager des jeux et quelques parties de rigolade, l’ambiance était morose et les journées très longues. J’ai énormément marché pendant ces quelques semaines, profitant des permissions de jour pour retourner chez moi quelques heures de temps en temps. Le psy, je pouvais le voir tous les jours, mais en coup de vent, c’était rarement plus de 5 minutes, et il n’y avait que moi qui parlait. La nourriture malgré une cuisine sur place était de mauvaise qualité, et les activités assez restreintes. Malgré le repos que j’ai pu cumuler, j’étais quand même bien contente d’en sortir.

Pour ce qui est de l’unité mère-bébé, j’y reviendrai plus amplement, mais l’expérience était à la fois douce et violente, reposante et remuante. Avec l’équipe médicale et son suivi intensif, on a brassé des émotions à n’en plus finir, j’ai remis beaucoup de choses en questions et j’ai pu me libérer un peu de très vieilles rancoeurs en parlant non seulement à mon père et à mon frère, mais aussi à ma tante (la grande soeur de papa) qui m’a fait la surprise de m’appeler pour avoir de mes nouvelles (ça aussi, j’y reviendrai sûrement).

Voilà, je ne souhaite pas m’étendre plus pour le moment, mais j’aurais l’occasion de vous reparler de tout ça dans des articles ciblés.

Pour l’heure, la maison est chamboulée, et moi aussi même si j’étais bel et bien prête à ce retour. Il y a beaucoup de choses à mettre au point, notamment entre mon chéri et moi, avant que la vie soit réellement plus sereine.

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Trois ans

Mon premier petit bout de moi, mon chaton, mon grand Monsieur J a eu trois ans hier.

Je n’étais pas présente mais j’ai pu l’avoir au téléphone le soir pour qu’il me raconte sa journée. L’assistante maternelle a été extra et lui a organisé un goûter avec un beau gâteau et des bougies et a filmé le tout pour nous le transmettre. Elle lui a également offert des petites voitures. Il était ravi de sa journée, mais un peu énervé de ma question sur son âge, à laquelle il a du répondre tout au long de la journée. Il était donc bien en forme et ça me rassure… être loin de lui est de plus en plus douloureux, il me manque tellement… mais je me console en me disant que je devrais pouvoir le voir ce week-end.

Quand je repense à ces trois dernières années, je n’ai pas envie d’en faire un bilan, mais contrairement à l’année dernière ce n’est qu’un sentiment d’apaisement qui m’habite. Je suis sereine concernant notre relation à tous les deux. J’aime parler avec lui, et tant mieux car il est tout autant bavard que moi ! Nous partageons beaucoup de jeux et surtout le plaisir d’être dehors, à jouer ou se promener.

Je crois qu’au final je peux dire que je n’ai pas aimé à l’époque (et même encore aujourd’hui d’ailleurs) être maman d’un petit bébé, mais que cette troisième année, malgré quelques passages sombres à la fin de l’été, a été la meilleure que nous ayons vécus tous les deux.

Encore joyeux anniversaire mon grand garçon, bienvenu dans ta quatrième année ❤

Une histoire de Dragon

Il y eut d’abord un petit chat.

Ensuite, ce fut un petit lapin qui vint garnir le deuxième petit lit de la maisonnée.

Puis il y eut un dragon.

Un petit dragon, dont nous avons voulu taire le nom avant sa naissance, nom qui a finalement été révélé par le petit chat. Qu’à cela ne tienne, s’est sûrement exclamé le dragon, puisque dès le lendemain, dès la nuit qui suivit même, il avait décidé qu’il était temps de nous rejoindre.

Un petit dragon qui est arrivé d’un coup, comme sortant à toute vitesse de sa grotte aux trésors, à tire d’ailes.

Dès le lendemain de sa naissance, petit dragon a beaucoup dormi, mais surtout beaucoup hurlé.

Les semaines passant, il dormait toujours plus, et hurlait toujours plus. Sa colère, ou sa détresse, violemment exprimées, le menaient à en perdre son souffle.

Un jour où il avait trop hurlé, le petit dragon a subi le courroux de maman chat. Depuis, ils sont séparés.

Et moi, maman chat, je me demande depuis tous ces jours si je n’aurais pas du me contenter du petit chaton. Si s’occuper d’un bruyant dragon n’est pas une tache trop ardue pour une maman chat qui rêve d’une vie lente et paisible.

Ces derniers temps, j’écris beaucoup d’histoires de dragons, mais je ne sais pas si un jour j arriverai à réellement construire la nôtre.

à trois mois

À trois mois, monsieur J savait attraper des objets. Même s’il ne se tournait pas tout à fait, il se tortillait dans tous les sens pour attraper tout ce qui était à sa portée. Il souriait beaucoup, parlait beaucoup, à longueur de journée, mais surtout il agitait dans tous les sens ses bras et ses jambes dès qu’il se trouvait sur la table à langer.

À trois mois, Miss K regardait partout. Elle tapait dans tous les objets faute de savoir les attraper. Elle nous avait déjà montré qu’elle savait se tourner même si elle ne le faisait pas souvent, en mode feignasse qu’elle était comme sa mère. Mais elle souriait beaucoup aussi, comme son père, et on voyait déjà qu’elle allait être espiègle comme lui.

À trois mois,  bébé E est loin de moi. Je ne sais pas s’il se tourne. Je ne sais pas si il sourit. Je ne sais pas si il attrape. Je ne sais pas s’il babille. Je sais juste qu’il ne communique pas, qu’il dort beaucoup et, même si il s’alimente bien, son poids ne décolle pas.

À trois mois, après deux semaines déjà, tu me manques tant que je ne pense qu’à toi.

(in)Faillible

Maman ne m’a pas souvent raconté cette histoire, peut-être deux fois. L’histoire de sa maman fatiguée qui, à la naissance de son quatrième et dernier enfant, a été hospitalisée plusieurs semaines avec son bébé, loin de ses filles confiées aux bons soins de ses voisines de palier. Deux familles, pied-noir comme elle, qui se comprenaient et surtout qui s’aimaient comme une seule famille.

Je ne réfléchis que maintenant. Mon oncle est né en 1972. Ma mère née en 1963 n’avait alors que 9 ans, enfin plus précisément 8 ans et demi. Mes tantes avaient donc 12 ans et 15 ans. Ma maman me racontait comme elles se débrouillaient si bien toutes les trois. Mais surtout j’ai réalisé que cette année-là ma grand-mère allait fêter ses 40 ans, et à un âge où on se voit encore jeune elle avait déjà trop vécu, trop subi, trop travaillé. Dans un état d’épuisement sans pareil elle s’est donc fait hospitaliser. Elle aussi donc avait craqué et appelé à l’aide.

Maman ne m’a pas souvent raconté cette histoire. Peut-être avais-je oublié. Peut-être étais-je adolescente et que tout cela était bien trop abstrait pour moi. Peut-être était jeune adulte et, malgré mon désir d’enfant très fort depuis toujours, je ne pouvais pas m’imaginer être trop fatiguée, moi qui me satisfaisait d’une petite poignée d’heures chaque nuit. Peut-être bien que cette histoire faisait partie des fameux tabous de la parentalité, ces choses qu’on ne raconte pas comme si elle n’existaient pas. Et puisque ça n’existait pas vraiment, pourquoi est-ce que ça me serait arrivé à moi ?

Maman ne m’a pas souvent raconté cette histoire. Peut-être que c’est elle qui voulait oublier, comme moi, que cette personne pourtant si forte n’était pas infaillible, qu’elle avait elle aussi ses faiblesses et qu’elle savait les enfouir. Mais une fois le vase trop-plein, elle devait céder sous peine de s’effondrer. J’ai maintenant en tête une question qui restera à jamais sans réponse.. est-ce qu’elle aussi, avant tout ça, se sentait infaillible ?

***

Nous n’avions pas évoqué ce sujet depuis des années et pourtant, à peine étais-je en train d’entamer l’écriture de cet article, que maman m’en a parlé. Elle y pensait. Elle venait meme d’en parler à ma tante, qui a évoqué le sujet le même jour au téléphone. Il faut croire que tout, autour de moi, me dit que je suis la bonne route.

Tomber… et accepter d’être relevée.

Tomber, c’est se retrouver au fond du trou, le vrai fond, celui qu’on pensait déjà fouler alors qu’on n’était pas même encore au bord de la falaise qui le surplombe.

Accepter d’être relevée, c’est laisser les enfants, le conjoint, le chat et la maison pour partir se reposer.

Je suis hospitalisée en unité neuro-psy suite à un épisode de crise qui aurait pu terminer de manière tragique. Bébé E est loin pour le moment, mais lui et moi sommes en attente d’une chambre en maternologie, le joli mot qui désigne l’unité de psychiatrie périnatale du grand hôpital.

J’ai accepté d’être relevée, mais loin de me sentir tirée vers le haut, c’est plutôt le sentiment d’être relevée de mon rôle de mère qui m’habite ces derniers jours.

2019 : année décisive ?

Pour commencer, comme il n’est jamais trop tard, meilleurs voeux à toutes et tous. Je vous souhaiterai bien des banalités comme l’amour, la santé, une promotion, que vos voeux soient exaucés… Mais cette année, du plus profond de mon coeur, je vous souhaite bien plus que ça.

Je vous souhaite à vous, parents, d’être soutenus coûte que coûte, d’arriver à vivre pleinement, d’arriver à confier vos peurs et lacunes, de travailler à lutter contre elles, et de réussir à être heureux malgré les difficultés que vous pourrez traverser.

Je vous souhaite à vous, toutes celles et tous ceux qui ont un désir si profond qui tarde à se combler et semble si souvent laisser un trou dans votre coeur, que le chemin que vous suivez vous mène enfin vers le bonheur, mais surtout qu’il soit parsemé de merveilleuses attentions, de beaux moments à deux, en couple, en famille, de somptueux paysages et de cadeaux de la vie, pour le rendre plus doux et plus facile à affronter.

Pour ma part, je ne me souhaite qu’un chose : que 2019 soit une année décisive. En vérité, ce voeu est bien large et en cache plusieurs.

Je souhaite que cette année soit décisive pour mon couple. Après de nombreuses disputes pendant les fêtes, dont une très violente, 2019 est l’année de la dernière chance. Soit nous arrivons à renouer et à nous consolider, soit les prochaines fêtes de fin d’année seront faites chacun de son côté. Envisager une séparation me fait très peur, car je déteste le changement en général, et j’ai peur de perdre tous mes repères et me retrouver « seule » (j’entends par là surtout perdre tous mes « soutiens » psy et médicaux si je m’éloigne géographiquement).

Je souhaite que cette année soit décisive pour ma famille. Je parviens ces dernières semaines à me fâcher de moins en moins, je ne crie plus tous les jours, et souvent les pulsions de colère et de violence qui accompagnent habituellement ces cris se transforment en affaissement, puis en grand câlin avec mes enfants qui me réclament de plus en plus. L’acquisition d’un moyen de portage « XL » nous sauve un peu pour le coup, mon grand Monsieur J. pouvant se percher dans mon dos pendant mes grandes séances de rangement. Ma petite Miss K. est beaucoup moins à l’aise dedans, ça ne lui convient que pour les sorties, mais je passe aussi plus de temps avec elle, la semaine quand Monsieur J. est chez la nounou. J’aimerais néanmoins consacrer plus de temps à bébé E, ainsi qu’à d’autres membres de ma famille, notamment mon père et mes frères. J’ai peu parlé d’eux cette année sur le blog, pourtant il y a tant à en dire, surtout depuis cet été. Extérioriser sur ce qui me/nous ronge dans cette famille me fera peut-être du bien.

Je souhaite que cette année soit décisive pour ma santé. Je pense que je n’arriverai pas trop à m’étaler sur ce sujet, du moins pour le moment, mais ça concerne surtout mon poids, qui grimpe en flèche depuis la naissance de bébé E. De plus, malgré des résultats sanguins excellents, je suis toujours épuisée, je dors très mal, et j’ai des douleurs non stop (notamment au bas ventre) depuis l’accouchement.

Je souhaite que cette année soit décisive pour… notre lieu de vie. Ce souhait là est un peu plus complexe. J’ai à la fois du mal à me projeter dans le futur de ma vie de couple, et à la fois besoin de réaménager notre lieu de vie pour qu’il nous correspondent enfin à tous. Je suis dans une démarche de réduction depuis bientôt 2 ans. Nous avons accumulé bien trop de choses qui ne nous servent pas, et même si notre cave me permet de « cacher » des choses dont je n’arrive pas à me séparer, nous avons dejà fait un grand tri. Quelques meubles mais surtout beaucoup de vêtements, de linge de maison, d’ustensiles de cuisine, de livres, de déco et de jouets ont été donnés, et beaucoup encore attendent d’être vendus. Mais j’étouffe encore. Je ne veux plus faire de liste comme j’avais pu le faire pour ma scolarité 2016/2017, cependant j’ai tellement de tri à faire et de décisions à prendre qu’il me faut établir un minimum de priorités dans les tâches à accomplir pour se sentir de nouveau à l’aise dans notre foyer.

Je souhaite enfin que cette année soit décisive pour… mon avenir professionnel. Je suis maintenant à la maison depuis fin juillet 2017, et ça commence à me peser. J’aime mes enfants mais je ne savoure pas toujours le temps passé avec eux, et reprendre le travail me fera me du bien. Mais, il y a un gros mais… ça me fait peur en même temps ! Quand je reprendrais le travail, j’arriverai dans un service que je ne connais pas, des collègues et un chef avec lesquels je n’ai jamais travaillé, des dossiers et un département inconnu, beaucoup de stages à faire pour des bases + de la remise à niveau… j’ai peur de me sentir étouffée au début. J’essaye de ne pas trop y penser autant que je guette cette reprise, mais pour le moment, elle n’est financièrement pas envisageable avant la rentrée de septembre, à moins que demain la mairie m’appelle pour me donner 2 places en crèche en bas de chez moi… mais je ne compte pas là dessus !

Voilà… en vérité, ça fait beaucoup de choses souhaitées après avoir écrit « je ne souhaite qu’une chose… », et je crois qu’avant de poser des maux sur tout ça je ne me rendais pas assez compte d’avoir « besoin » de faire le point à tous ces niveaux. Je ressens tout ça très fort à longueur de journée, mais je n’ose jamais m’y attarder.

 

à toutes et tous, une belle année 2019