Exploser

C’est arrivé aujourd’hui. Après une énième nuit hachée, une énième journée pourrie, un énième week-end merdique.

Hurlement sur hurlement, dans la sur-stimulation orale, nerveuse, visuelle et auditive constante depuis une bonne douzaine d’heures, même les portes fermées n’arrêtaient plus les bruits et l’agacement qu’ils gêneraient. Le tout subi sous le joug supplémentaire d’un corps étouffé par le manque de repos et les contractions incessantes.

Elles ont volé. Les portes d’abord, puis les mains ensuite. Les larmes, pour finir. 

Et leur journée s’est terminée ainsi.

Depuis, la mienne se poursuit dans les larmes. Malgré l’heure et la fatigue, je doute de trouver le sommeil ce soir. Le regard plein d’incompréhension de l’un et le gros sanglot de l’autre me hantent.

J’ai franchi la limite que je ne voulais pas franchir. J’ai explosé. La violence grandit en moi, et j’y ai cédé.

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La rentrée du changement

Aujourd’hui, ça fait 13 mois et 6 jours que je ne travaille plus.

Aujourd’hui aurait du être ma rentrée après cette grosse année passée à m’occuper des enfants, de la famille et de la maison. Le chemin que nous avons pris est finalement bien différent, puisque je suis encore en congé parental pour 3 jours, avant de débuter officiellement un congé maternité de six mois. Congé maternité qui, sauf surprise ou coup du sort, débouchera de nouveau sur un congé parental, pour 6 mois au moins, voire 18 mois en tout, pour une rentrée professionnelle en septembre 2020…

Je me sens déjà à mille lieux de mon emploi, certaine d’avoir oublié tout un tas de compétences et d’outils, même si grâce à l’actualité il est facile de se tenir au courant (et grâce à deux parents qui ont le même métier). Je ne me vois pas retourner au travail, me remettre dans le bain professionnel, mais uniquement pour cet aspect là. Evidemment, j’ai besoin de faire « autre chose », de « respirer », mais même si la vie à la maison est difficile, la reprise professionnelle me fait très peur.

Cependant, malgré la vie à la maison prolongée, il y a bel et bien du changement pour cette rentrée.

Nous avons eu l’opportunité en avril dernier de bénéficier pour septembre d’une place en crèche familiale pour Monsieur J. Nous avions rencontré immédiatement l’assistante maternelle qui s’occuperait de lui, mais nous avons longuement hésité. Finalement, alors que j’étais sur le point d’annuler notre demande arrivés à la fin juin, c’est mon loup qui a tranché : je suis trop fatiguée, il a peur que les choses se passent mal pour moi et devoir gérer tout seul pendant une période non définissable, alors on prend cette place. On « prend le risque ».

Le « risque » oui, car financièrement, ça pourrait ne pas être évident. Ce mois-ci, après avoir dépensé ma part de charges, il ne me reste presque plus rien sur mes comptes, courant et livret compris. Certes, avec le congé maternité, je toucherai mon salaire à la fin du mois, mais il va falloir mettre le moindre sous possible de côté. Nous attendons donc de faire un premier mois complet pour calculer si nous pouvons nous permettre de garder le mode de garde de Monsieur J au-delà du congé maternité, puisque qu’ensuite je ne toucherai plus de nouveau que le congé parental. Sachant que la rentrée d’argent, comme tous ces derniers mois, sera inférieure aux dépenses mensuelles, et qu’il faut en plus préparer le budget de l’appel de fonds de la copropriété début 2020 pour le changement de chaudière. Et changer de voiture… nous risquons d’avoir du mal à rentrer à cinq dans une Twingo !

Beaucoup de questionnements donc, et beaucoup de préparation à prévoir, tant physique et financière que psychologique.

Psychologique oui. Malgré les difficultés rencontrées en ce moment pour m’occuper de Monsieur J (encore cette histoire de Monstre et de fatigue grandissante…), je me sens coupable de laisser quelqu’un d’autre s’en occuper, de ne passer à nouveau plus qu’une petite heure avec lui le matin et trois heures le soir… ça me mine beaucoup, je me sens incapable, mais j’ai été très bien accueillie sur ce point-là par l’assistante maternelle qui est adorable. Je suis confiante, mais pas rassurée pour autant.

C’est ainsi que Monsieur J a fait 4 jours d’adaptation la semaine dernière, et commence donc sa première semaine « complète » chez l’assistante maternelle aujourd’hui. Il y passera 4 jours par semaine, de 8h30 à 17h, amené par son papa le matin tandis que je m’occuperais de le récupérer le soir. J’ai crains un peu la fatigue causée par le trajet, l’assistante maternelle habitant à une vingtaine de minutes à pied et dans une route toujours descendant depuis chez nous, ce qui implique de remonter, et la pente est sévère. Mais cette éventuelle fatigue musculaire supplémentaire n’est rien comparée au repos que procure l’absence plusieurs heures par jour du petit garçon de deux ans et demi, si gentil soit-il, qui est de plus en plus vif alors que je suis toujours plus au raz des pâquerettes. Et surtout, ça me permet de passer un peu de temps de qualité avec Miss K, ce qui était loin d’être quotidien depuis sa naissance…

Bref, pour le moment, cette rentrée me laisse une boule au ventre, et une autre en travers de la gorge, renforcées par les cauchemars habituels propre à cette période de l’année.

Ces lettres à écrire

Ou plutôt, ces lettres à poster…

Malgré le peu de publications sur mon blog au long de cette année, j’y ai beaucoup écrit, j’ai des dizaines de brouillons, qui sont justement trop… brouillons, pour être publiés.

Outre leur état pas vraiment lisible par autre que moi, et mon état qui fait que j’ai du mal à les relire et les mettre en forme, j’ai le sentiment qu’ils doivent être précédés d’autre chose, qu’ils ne servent à rien tels quels…

Très souvent ces dernières années, que ce soit au travers de témoignages – directs ou non – ou d’entretiens avec des professionnels, j’ai entendu parler des lettres. Ecrire une lettre à celui ou celle à qui on a besoin de dire tant de choses, que le but final soit de la faire lire à la personne concernée ou pas d’ailleurs, aurait un effet libérateur.

La nécessité de le faire ne m’avait jamais parue discutable, mais ne m’avait jamais sauté aux yeux pour autant. Aujourd’hui, je ressens le besoin de le faire. Comme à mon habitude, je me disperse, j’écris à de nombreuses personnes à la fois, mais j’arrive à faire le tri pour cet « objectif ».

Ces lettres seront publiées ici, j’en ressens le besoin. Si j’arrive à les rendre lisibles, mais je pense être en bonne voie.