Ne le dis à personne

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Le déclic n’a finalement pas eu l’effet escompté. Il a tout de même amené avec lui le temps des annonces à la famille, mais il y en a eu assez peu au final. Ca se voit aussi sur le blog, j’ai une impression affreuse chaque fois que j’écris, alors je garde mes brouillons mais je ne publie pas…

J’ai redouté ces moments, redouté d’en parler. Il faut dire que le peu de cas similaires dans mon entourage ont donné lieu à des remarques et piques plutôt mauvaises, et un malêtre entre les personnes concernées. Je n’avais pas envie de me rajouter ça sur le dos.

Le pire, dans ma vision de ces annonces, c’était de le dire à mon père, lui qui s’est vu reprocher toute son enfance d’être né seulement 13 mois après sa soeur. Lui qui m’avait dit qu’avoir une famille nombreuse de nos jours est fardeau, alors qu’il a eu lui même trois enfants. Lui qui n’avait montré aucune joie, même feinte, quand mon frère lui avait appris qu’il allait être papa à son tour.

Ces points ont fait l’objet d’un éclaircissement lorsque j’ai eu enfin le courage de lui en parler. Il a été au final assez bienveillant au début, même s’il s’est fendu, faussement rigolard, d’un « mais après vous vous arrêtez hein?! »… J’ai été contente au final d’entendre ça au téléphone plutôt que de vive voix.

En ce qui concerne ma mère, mes frères et ma belle-soeur, ça s’est très bien passé, à coup de grandes félicitations, de câlins, de larmes de joie. Pourquoi en ai-je douté ? Aucune idée, après réflexion il est évident qu’ils n’auraient pas réagi autrement mais je ne sais pas vraiment ce qui m’a pris… tout, autour de cette grossesse, me rend tendue et nerveuse, me fait peur.

La dernière annonce qui a eu lieu face à face était celle faite à la maman de mon loup. Nous sommes allés déjeuner chez elle et pour une fois elle nous a reçue seule. Monsieur en vacances, petit frère au travail, pas de clients au gîte : nous avons pu profiter d’elle à temps plein. Elle guettait l’annonce. Oui oui, elle guettait. Elle nous a avoué quand nous lui en avons parlé qu’elle savait, qu’elle y avait pensé la veille, sans savoir comment. Le tout avec un grand sourire que je ne lui connaissais pas. Bref, une mamie heureuse.

Le reste de la famille et des amis très proches, du moins de mon côté, ont été mis au courant il y a deux semaines seulement, le lendemain de notre échographie du deuxième trimestre, sur notre « groupe secret » de famille sur FB. J’ai répondu brièvement aux messages, sans insister, et depuis je n’en parle plus.

Aujourd’hui, à 24 semaines, j’ai encore beaucoup de mal à parler de la grossesse, avec qui que ce soit, même les professionnelles qui me suivent. J’aime encore moins être enceinte que les fois précédentes, j’ai des douleurs fortes au ventre qui s’ajoutent à celles connues précédemment et surtout, grande nouveauté, je déteste le sentir bouger. Même sur ce blog, sur cet espace anonyme qui m’appartient, je me sens mal dès que j’en parle.

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