7h du matin

Pendant de longues années, 7h du matin, ça ne voulait rien dire pour moi. C’était juste une heure, que parfois je ne voyais, un chiffre de plus dans une journée un peu trop libre. La plupart des jours de la semaine, à 7h, j’étais dans le train, sur la dernière partie du trajet qui m’amenait au travail. Quelques rares matinées, quand j’habitais près du boulot, il m’arrivait de m’attribuer le luxe de dormir encore à cette heure là, voire bien après.

Vendredi, il y a quatre jours, 7h du matin. Je suis la première réveillée, pour une fois, mais ce n’est pas mon premier réveil. Une nuit hâchée de cauchemars, de la peur de les laisser. C’est ma dernière journée de la semaine avec eux, je compte bien en profiter. Avec ces nombreuses coupures, j’ai tout de même réussi à dormir un peu plus de cinq heures.

Samedi, il y a trois jours, 7h du matin. Je suis levée et installée dans le canapé depuis près d’une heure. Cette première nuit sans eux a été un enfer à vivre. Cauchemar sur cauchemar, je suis habitée par des idées d’accidents de la route, d’abandon, de peur de ne jamais les revoir. J’ai dormi un peu moins de 5h, en deux fois.

Dimanche, il y a deux jours, 7h du matin. Ca fait quarante minutes que je suis réveillée, après un peu plus d’une heure et demie de sommeil. Aux mêmes cauchemars que les deux nuits précédentes s’ajoutent des douleurs impossible à faire disparaître, à la tête, au dos, au ventre. Les coups de soleil, la nourriture trop riche, les heures dehors… pas la peine d’accuser tout ça, c’est la distance et les heures sans eux qui me mettent dans cet état. J’avais dormi une première fois un peu moins de trois heures, en « début » de nuit. A nouveau moins de 5h, donc.

Lundi, hier, 7h du matin. Les premiers bruits de réveils se font entendre. Je suis dans le canapé, pas endormie mais pas tout à fait réveillée non plus. Ca fait deux heures que ça dure. Je me suis encore couchée trop tôt hier soir. Couchée trop tôt, réveillée trop tôt, de trop nombreuses fois, encore. Je les ai retrouvés, mais je n’ai pas passé une meilleure nuit. J’ai dormi… non, cette fois-ci je ne sais pas combien de temps, je n’ai pas pu me résoudre à allumer mon téléphone et contempler encore une fois les minutes défiler.

Mardi, ce matin. Il est 7h du matin. Mon premier lever date d’un bon quart d’heure. Cette fois-ci je me résigne, je me relève, définitivement, les enfants sont bien réveillés. Préparation du petit dej la tête dans le gaz. Pourtant, j’ai dormi d’une traite cette nuit. Environ 4h, quelque chose comme ça. J’ai arrêté de regarder l’heure après 2h20.

Mercredi, demain matin, 7h du matin. Ce sera l’heure de décollage de l’avion, si tout se passe bien. Je ne peux pas m’empêcher de dire ça, « si tout se passe bien ». Je suis morte de trouille. Est-ce que les peurs liées à ce baptême de l’air vont encore m’habiter la nuit prochaine, venir se rajouter à toutes les autres ?

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