Deux ans

Mon Grand Monsieur J,

Tu as eu deux ans ce mardi. Le temps à beau s’étirer parfois, surtout comme ces jours-ci en ton absence, il me semble que c’était hier que j’écrivais l’article de ton premier anniversaire.

Tu es vif, toujours remuant, toujours en pleine forme malgré tes journées qui commencent très tôt ! Tu es en ce moment chez ta mamy pour pouvoir te dépenser et même si ça me déchire d’être séparée de toi, je suis contente que tu puisses t’épanouir. Ici, ta soeur est malade depuis ses vaccins, et les jours comme les nuits sont difficiles, j’aurais eu si peu de temps à te consacrer… Toi, les rares fois où tu as été malade, nous n’en avons jamais eu pour beaucoup plus d’une journée à te soigner ! Tu vas avoir un organisme de compétition alors, comme tes parents ? Pourvu que ça dure.

J’ai le coeur qui se serre en relisant l’article de l’année passée, ce passage sur les câlins. Tu n’es toujours pas câlin, même si tu te jettes dans mes bras quand tu es contrarié ou que tu es tombé. Le dernier moment long de plus d’une minute que tu aies passé dans mes bras, c’était l’été dernier, après les vacances, quand tu étais justement tombé malade.

Cependant, un autre passage me fait sourire. Tu aimes toujours autant les livres, même si quelques uns ont subi tes foudres ! Quant à Monsieur Chat, même si tu ne le promènes plus partout, il est toujours indispensable à ton sommeil.

Notre relation a bel et bien évolué, même si j’ai l’impression de régresser depuis la naissance de ta soeur. J’aimerais bien mettre ça sur le dos des douleurs qui m’habitent depuis 6 semaines, dire qu’elles m’affaiblissent et me font perdre patience, mais ce serait bien trop facile. Parfois j’arrive à les surmonter. Je ne te l’ai pas dit de vive voix, mais je travaille beaucoup pendant ton absence à comment vivre tout ça d’une autre manière, pour pouvoir profiter pleinement de toi à ton retour.

Mon chaton, parfois je sais que je te fais peur. Malgré toute la peur que je ressens envers les cris et la violence, il m’arrive de hausser le ton, et d’une manière bien moins douce que cette formulation pourrait le laisser penser. Ton regard me stoppe parfois. Puisse-t-il en être ainsi à chaque fois maintenant.

Je veux nous renforcer, t’aimer comme tu le mérites, combler ce que tu ne reçois pas de la part de ton père… Tout n’est pas devenu merveilleux comme je l’espérais l’année dernière, même si les deux mois qui ont précédé l’arrivée de ta soeur ont été un enchantement entre nous.

Que tout s’apaise pour cette troisième année ! Continue à être aussi adorable envers ta soeur qui n’a d’yeux que pour toi, et à nous donner autant d’amour, à défaut de câlins ❤

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Le Cousin

J’ai décidément beaucoup de mal à écrire ces derniers temps. Depuis la naissance de Miss K, en fait. La vie n’est pas telle que je l’avais rêvée, et je me suis forcée à faire de nombreuses choses à contrecoeur depuis mon dernier article.

Ces dernières semaines, j’ai eu envie de vous raconter le quotidien, mais il ressemblait trop à celui du précédent article. J’ai eu envie de vous raconter comme les équipes du CMP et de la PMI m’ont formidablement bien entourée, mais il aurait fallu que je dise aussi tant de choses dont j’ai honte, qui me font du mal. Comme c’est du mal que je m’inflige toute seule, j’ai décidé que pour l’instant, encore un peu, ça resterait entre moi et moi.

Et puis ces derniers jours, j’ai eu envie de nouveau de parler famille, de ces heures passées au téléphone avec mon frère et sa compagne, de toutes ces questions et réponses échangées depuis leur chambre d’hôpital… Mais j’étais la seule à être dans la confidence, alors j’ai décidé que, encore un peu, ça resterait entre eux et moi.

Et puis, ce matin, après 90 longues heures, en menant à bien leur projet, ils ont réalisé l’un des rêves que je pensais inaccessible, ou du moins sur lequel je n’osais plus compter.

Ils ont agrandi notre famille. Ils ont donné la vie et offert à Monsieur J et Miss K un merveilleux petit cousin.

Bienvenu petit S., petit miracle, tu es déjà entouré d’amour ❤