Besoin de le dire

Article écrit depuis mon téléphone, qui sera sûrement posté sans relecture. Deux choses que je n’aime pas faire mais ça m’a pris comme ça. Peut-être décousu. Il faut que ça sorte.

 

J’ai mal.

À la tête, au corps. Surtout à la tête. Mal à l’intérieur.

Aucune journée ne se ressemble. Je joue, je pleure, je câline, je cuisine, je râle, je rejette, je pars sans prévenir, parfois seule, j’ai des accès de violence, puis de longs moments de silence.

Je lis, j’écris, je planifie, je jette, je casse, je teste, je range, je rédige, je démarche, j’enferme, je projette.

Mais au final rien ne m’occupe vraiment.

J’ai mal.

J’aime, je me dispute, je nous rabiboche, on s’éclate, on s’aime, puis on s’éclate, on se déteste.

Putain j’ai jamais eu aussi mal de toute ma vie.

Les accouchements, le charcutage du dos, la perte des proches, les épisodes de paralysie du sommeil… tout ça c’est de la gnognote.

Il dit qu’il a compris, il reconnaît qu’il a eu tort. Ça ne soigne pas le mal. Parfois, par la douceur de son corps et de son amour, il parvient à me faire oublier tout ça pendant quelques heures.

Mais au final, j’ai toujours trop mal pour savourer plus longtemps.

Certains couchers sont insupportables.

JE deviens insupportable.

Tout le monde en prend pour son grade, surtout moi, au final.

Je suis suivie par la PMI, mais je n’ose rien leur dire. Je leur énumère quelques vraies banalités, mais je n’entre pas dans les détails, dans la souffrance.

La semaine prochaine, je reverrai mon équipe du CMP.

Peut-être qu’on trouvera quelque chose, peut-être que je n’aurais plus mal.

Plus autant mal, c’est tout ce que je demande.

J’ai voulu écrire avant. C’est trop difficile de se mettre face à ses réflexions, de les écrire noir sur blanc.

D’ailleurs cet article lui aussi finira peut-être à la poubelle.

J’ai voulu écrire avant, lors d’une énième insomnie, il y a quelques jours.

Je me suis levée d’un bond, les pensées étaient trop noires.

Toutes ces nuits au demi sommeil, voire sans sommeil, m’épuisent.

J’ai peur.

Peur d’avoir toujours aussi mal.

Peur d’avoir de plus en plus mal.

Des manifestations physiques sournoises commencent à apparaître. Loin de moi l’envie de faire de la psychologie de comptoir, mais quand toutes les analyses sont bonnes, où est le problème ?

Et ces douleurs qui s’ajoutent encore en plus depuis la pose du stérilet.

Putain j’en peux plus.

J’en peux plus de ces contractions, de ces envies d expulser, de ces douleur qui n’ont plus rien de fantômes.

J’ai envie de pleurer.

J’en peux plus de ce corps, de ces pulsions, de ces envies.

J’en peux plus de ces larmes qui m’empêchent de voir ce que j’écris, pour une fois que j’arrive à extérioriser à ce sujet.

J’en viens à me détester.

J’ai tout ce que j’ai toujours voulu avoir, mais je suis malheureuse.

Mais je souffre.

Mais j’en ai marre.

La moi d’il y a quelques années me détesterait.

Et plutôt que de me servir de cette pensée pour travailler à aller mieux, je ne m’en sers que pour m’enfoncer.

De toute façon  tu n’es jamais contente.

De toute manière, tu ne sera jamais satisfaite.

Putain.

J’ai mal.

 

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