De retour

Quelques évènements dont je me passerais bien font leur retour ces dernières semaines.

Il y en a un par contre que j’attend avec impatience, c’est chaque nouveau rendez-vous avec ma sage-femme. Comme je le disais dans un précédent article, cette femme est un trésor. Elle me suit de près et est même venue me voir, en dehors de toute visite officielle et malgré ses obligations persos, parce que je ne donnais plus de nouvelles à personne. Un amour.

Je l’avais vue pour la première fois lors du retour à la maison après la naissance de Monsieur J. Nous avions beaucoup discuté, bien accroché, et ses interventions délicates m’avaient grandement soulagées à chaque fois. C’est donc sans hésitation que je me suis tournée vers elle pour le suivi de la dernière grossesse, ne voulant à l’époque pas remettre les pieds à l’hopital, et ne souhaitant pas non plus revoir la première gynéco et la première sage-femme rencontrées.

Lors de sa petite visite, avant les vacances de Noël, nous avions fixé tous nos prochains rendez-vous, pour le suivi  des 6 semaines (qui se sont transformées en 9) ainsi que la rééducation. J’ai remis les pieds dans son cabinet le 4 janvier.

Ce jour-là, j’étais habitée par des gênes dans le bas-ventre depuis plusieurs jours. Après palpation et inspection, elle m’annonçait que tout était sans doute en train de se remettre en route et que je devais être proche de l’ovulation. Parfait pour poser le stérilet.

Sauf que deux semaines plus tard, en me retrouvant de nouveau dans le cabinet il y a trois jours, les douleurs étaient toujours là, plus intenses, le ventre gonflé et douloureux. De nouveau, elle palpe et inspecte, et au moment de glisser la bête de cuivre, déclare de nouveau que je dois être pas loin de l’ovulation. Idée qui va se confirmer quelques minutes plus tard, puisqu’elle en profite pour tester sur moi son nouveau jouet hors de prix : un appareil à échographie portable. Il y a un gros follicule, annonce-t-elle, malgré ma vessie toujours pleine qui l’empêche un peu de bien voir.

Moi, tout ce que je me dis, c’est que j’espère que c’est bientôt fini, et surtout que ça ne se reproduise pas au prochain cycle. C’est que je n’ai jamais eu de douleurs avant ni pendant mes règles et là, on en est au stade des contractions, qui me rappellent malheureusement la deuxième nuit de Miss K.

Sauf que… (oui, encore !)

Sauf que ce samedi, je saigne. Pas les saignotements d’après la pose du stérilet hein, de vrais saignements de règles et tout ce qui va avec. Je ne comprends plus rien à mon corps, mais la douleur diminue à mesure que le sang arrive. Ouf.

Et oui, c’est donc aussi ce retour, le retour de couches. Ca tombe bien, on va dire.

Si je vous raconte tout ça à cette heure – il était pas loin de 4h du matin quand j’ai commencé à écrire – c’est que ce retour, c’est aussi celui des insomnies.

Oh, pas la « gentille » petite coupure de quelques heures en pleine nuit, noooooon, la vraie, la mastoc. Les yeux qui ne se ferment pas, les pensées qui tournent en boucle, les idées noires et le coeur qui bat au double de son rythme habituel, c’est le lot de cette nuit qui n’a jamais débuté. Après 2h à pleurer silencieusement sur le canapé, je me suis décidée à suivre mon loup au lit à son heure de coucher à lui, alors que moi, en général, je me couche avec les poules.

Sauf qu’une heure après, malgré le silence à peine rompu par sa respiration et les ronrons du chat, mes yeux refusaient toujours de se fermer. Alors je me suis relevée.

Depuis je lis, je surfe, j’écris… mais surtout, je compte les heures. J’ai guetté le moment où je serais épuisée pour retourner au lit, mais c’est une nouvelle journée qui a commencé cette nuit, et je ne suis apparemment pas prête de me recoucher.

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On ne va pas se mentir…

… et laisser penser que 2017 a JUSTE été une année de merde. D’ailleurs, si vous m’avez lue au long de cette dernière année vous savez qu’elle n’a pas été noire.

D’abord, il y a eu l’évolution de ma relation avec Monsieur J. On a avancé, on s’est découverts. Lors de sa première année de vie, c’était bien plus compliqué, mais nous avons fini par nous rapprocher, et encore plus depuis cet été, depuis mes congés « définitifs ». Nous avons passé plein de très bons moments lors du dernier trimestre de la grossesse, nous avions surtout trouvé un rythme qui nous convenait à tous les deux. Pas facile à garder aujourd’hui, mais on s’en sort pas mal je trouve.

Ensuite, il y a eu la grossesse. Dans mon élan a toujours vouloir recommencer ce que je juge « râté » plutôt que d’améliorer en premier lieu la situation existante, je rêvais d’un autre enfant à peine quelques mois après la naissance de Monsieur J. Un autre enfant, une autre grossesse, un autre accouchement, tout recommencer comme je le sentais, comme je le voulais, maîtriser la situation d’un bout à l’autre. J’ai eu la sensation de vivre une plus belle grossesse, l’accouchement a été à mille lieues du premier, et le début de vie de Miss K, malgré le cauchemar de la deuxième nuit et ses répercussions, a été bien plus calme et posé que celui de son grand frère. Pourtant, elle est loin d’avoir le même rythme, elle est plus demandeuse, elle se dépense plus donc est souvent fatiguée mais lutte pour rester avec nous… mais notre relation, même si elle est loin d’être parfaite, est plus facile qu’avec Monsieur J au même âge.

Pour finir, il y a la question poids. Début janvier 2017, je faisais un bilan poids de l’année passée après être montée sur la balance. Elle avait affiché 80.9 kilos. Ce matin, c’est un 73 tout rond qui est apparu, malgré la grossesse, malgré les excès de l’été et ceux des fêtes de fin d’année. Mon poids était à peine plus bas avant les fêtes, mais vraiment de très peu, je suis donc pas loin d’un poids que je n’ai pas connu depuis longtemps. La fin du surpoids, c’est pour cette année, si j’arrive à ne pas me rabattre sur la nourriture. Pour l’instant, en me remettant à fond dans le mode alimentaire que j’avais sur la fin de l’adolescence, adopté par maman depuis plus de 15 ans, je retrouve le plaisir de cuisiner en variant mes ingrédients. Je passe beaucoup plus de temps en cuisine, et les expériences plaisent à ces messieurs, donc ça me booste !

Malgré mon message négatif d’hier, je fonde beaucoup d’espoir sur cette année. Mêmes si mes efforts ne sont pas fructueux pour l’instant dans ce domaine, j’essaye de changer les choses entre mon Loup et moi, et si jamais cela dure trop et bien… en verra ce que ça deviendra. Il y a bien plus que nos seules deux personnes concernées.

Jours de visites (2)

(si vous cherchez le (1), vous le trouverez en décembre l’année dernière, enfin l’année d’avant)

Tout d’abord je tiens à vous souhaiter une bonne année, à vous toutes (et tous ?) qui me lisez. Je n’ai jamais été douée pour les voeux et les résolutions, je ne sais pas trop quoi vous souhaiter. Avec mon père, chaque nouvelle année, on se souhaite qu’elle soit meilleure que la précédente. C’était encore râté pour 2017, comme ça l’avait été pour 2016, 2015, 2014 et 2013… voire antérieurement. Entre les maladies, les cancers et les décès (pas liés aux maladies et cancers hein, les décès, faut bien toucher le plus de monde possible…), les problèmes de couple pour l’un et de famille pour l’autre, les problèmes financiers et des actions en justice qui traînent, ça n’aura pas été tout rose pour lui et moi.

Ouais, vous voyez, je suis joie. Joie et réussite.

Psychologiquement, je ne tiens plus. J’ai l’impression d’être un moulin, toujours à tourner, sauf quand il faudrait, surtout quand il faudrait pas. Ah non, pas un moulin, plutôt une eolienne, le truc que tu peux désactiver pépère, pour que ça tourne pas même si y’a du vent. Voilà, une éolienne. Certains mots, certains gestes, qui pourraient paraître insignifiants, me mettent à plat complètement.

J’ai l’impression de ne plus prendre plaisir à rien, ou du moins sur le long terme, puisque même ce qui pourrait me réjouir ponctuellement finira tôt ou tard – mais souvent tôt, très tôt – par être gâché. De préférence, par la personne qui devrait illuminer ma vie.

Et pourtant, lors de ces jours de visites, j’ai eu l’impression d’être une autre personne.

Je me suis lâchée. Nous avons vu maman plusieurs fois, des amis, les grands-parents paternels de mon homme, mon père, et belle-maman pour clore le festival des fêtes ce dimanche. Ca n’a pas loupé : à chaque sortie, je me sentais revivre, je me sentais entière, je me sentais « jeune » (entre guillemets parce que physiquement je ne suis pas vieille, mais je me sens vieille pourtant). Mais surtout, je me comportais n’importe comment.

J’ai mangé plus que de raison, n’écoutant plus du tout mon corps, bu très certainement des litres d’alcool de tous genres, ri aux blagues nulles de mon frère, pleuré l’absence du second, papoté plus que de raison… et pourtant, rien n’est sorti. Rien de concret, rien du malêtre qui m’habite une fois de retour à la maison.

Ces jour de visite m’ont soulagée, quelque part, et j’attends les suivants avec impatience. La moindre sortie est une bouffée d’air, être avec une personne autre que ma moitié me redonne le sourire, et j’ai même la sensation de mieux profiter de mes enfants, d’avoir plus envie d’être avec eux, que quand nous sommes tous les 4 avec leur père.

Les prochaines visites vont se faire rares. Il y aura bien la sage-femme pour la rééducation (cette femme est un trésor, elle a débarqué chez moi pour voir comment j’allais parce que je ne donnais pas de nouvelles), mais je n’ai pas encore remis les pieds à la pmi ou chez mon médecin, et je n’ai pas non plus décroché le téléphone pour reprendre rendez-vous au CMP.

Même les visites « virtuelles » se font rares. Alors que je prenais plaisir à communiquer, même juste pour un petit mot par-ci par-là, je ne m’en sens plus le courage en ce moment. Il y a toujours cette petite voix, tapie, qui dit que si je commence à parler, je vais finir par déballer, par souler mon interlocuteur… Ici, ce n’est pas pareil, c’est mon espace, et j’avais besoin de poser ces mots. Mais même les visites bloguesques se font rares, et j’ai fait une croix sur les commentaires.

Les mots ne sortent plus si bien, finalement.