À nous Quatre

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Restons dans les titres de films, même si celui-ci n’est clairement pas du même registre que le précédent !

Nous sommes 4 depuis hier. Miss K nous a rejoint un peu avant 22h, après une journée de contractions et moins de 3h après l’arrivée à la maternité.

En vrac : elle est tout l’opposé de son frère, de même pour l’accouchement si différent du précédent, j’ai pu donner la tétée d’accueil dont je rêvais tant et j’ai la sensation que cette nouvelle naissance a transformé mon homme.

Je trouverai le temps de venir vous en dire plus ces prochains jours ❤

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28 jours plus tard

 

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J’ai pas envie de me la jouer tragédie, j’aime simplement les films d’horreur, en particulier celui-ci.

Mais ça fait bel et bien 28 jours. Quatre semaines de contractions régulières, de 5 à 15 par heure, passablement gênantes, parfois douloureuses, surtout ces derniers jours. À l’effort, elles se décuplent en nombre et en intensité. La nuit, elles se calment un peu, mais me réveillent parfois.

Cette fois-ci, je n’en peux plus. Chaque réveil commence par des larmes. J’ai l’impression que mon corps essaye de me faire payer quelque chose.

Évidemment, le décollement opéré jeudi matin n’a eu aucun effet, si ce n’est l’évacuation du bouchon muqueux (qui depuis se reconstitue et cède en boucle, de rien pour les détails, c’est cadeau).

Depuis 28 jours, je passe plusieurs heures quotidiennes en exercices (relaxation, visualisation, détente du bassin, etc…) et ceux-ci finissent par m’épuiser plus qu’autre chose.

Un passage aux urgences plus tard, les contractions qui s’étaient faites presque violentes vendredi matin ce sont peu à peu calmées.

Je ne sais pas quand j’accoucherai et la date n’importe peu. Je vois juste planer le spectre du précédent accouchement marathon, et de tout ce qu’il a déclenché.

J’espère simplement ne pas en avoir pour 28 jours supplémentaires 😉

« on avance »

J’ai commencé une dizaine de billets ces dernières semaines, mais au final, j’ai eu beaucoup de mal à écrire. Les sujets, quels qu’ils soient, me prenaient la tête et finissaient par partir en livre, sans plus aucun rapport avec l’envie de base.

Pêle-mêle, j’ai eu envie de vous parler de ma famille, de mes parents et de mes frères, de la nouvelle ambiance à la maison, de ces contractions qui m’habitent depuis bientôt 4 semaines, des rendez-vous médicaux, de ceux au CMP, de mes difficultés avec mon loup, des hauts et des bas avec Monsieur J…

Certains sujets finiront bien par faire, je l’espère, l’objet d’un sujet à part entière, notament concernant mon petit cercle familial (et celui plus étendu, peut-être…), ma relation changeante avec ma moitié également, mais quelques uns peuvent être condensés ici dans un même article.

Car oui, je l’entends beaucoup en ce moment, « on avance ».

D’après ma sage-femme libérale, que je vois depuis la fin du 2ème mois, j’ai fait beaucoup de chemin quant à l’acceptation de cette grossesse. Car si je la désirais bien entendu, j’ai eu beaucoup de mal à me mettre dans le côté médical et le suivi. Il m’a fallu des mois avant de parvenir à prendre contact avec l’hopital, que ce soit le service maternité, le labo ou l’anesthésiste. Finalement, le suivi est fait, tout est bouclé, j’ai accepté de parler de la naissance, de m’équiper en conséquence, de m’investir dans l’information sur l’allaitement pour ne pas re-faire les erreurs de la dernière fois, qui ont eu leur part dans la mauvaise contruction de ma relation avec Monsieur J. On avance

D’après la psychiatre et l’infirmière du CMP, ma relation avec Monsieur J justement a fait un bond impressionnant. Elle me l’a dit de nouveau aujourd’hui, après avoir abordé le sujet la semaine passée. « Vous ne supportiez pas de poser les yeux sur lui, vous ne vous sentiez pas maman. Aujourd’hui, vous vous délectez de ses progrès et votre regard a un effet positif sur lui. Il avance à grands pas lui aussi. » Oui, c’est exactement ce que je ressens. Il y a toujours des moments d’énervement bien sûr, mais ils sont de plus en plus rares, et exclusivement causés par la fatigue (je pense notamment au retour de balade quand, exténués, il nous faut encore monter les 4 étages qui mènent à l’appartement).

Tous les jours, à son réveil du matin, à son réveil de la sieste, je le regarde me sourire, je m’ennivre de ses petits bras qui enserrent mes épaules, de sa petite tête toute bouclée qui se niche dans mon cou, avant de se redresser bien vite pour demander à ouvrir les rideaux et observer « le dehors » une longue minute avant de passer à autre chose. Il y a quelques semaines, ces moments n’existaient pas, et même si notre relation progressait, j’avais toujours l’impression que je n’y aurais jamais droit.

Aujourd’hui, comme tous les matins au lever, j’admire ces grands yeux pleins de joie de vivre et j’ai envie de pleurer. Je suis reconnaissante comme jamais de l’avoir à mes côtés. Je n’en reviens pas d’avoir cette chance. On avance.

J’ai revu aujourd’hui la cadre sage-femme de la maternité. Rencontrée pour la première fois il y a 3 semaines pour établir un projet de naissance dans un autre établissement proche de l’hopital, elle m’avait de nouveau reçue deux jours plus tard pour compléter la prise en charge. Elle a été adorable d’un bout à l’autre, très à l’écoute, la transmission faite par le CMP ayant retenu toute son attention. En deux rendez-vous, nous avons passé près de 3h ensemble, espionnées par Monsieur J qui s’occupait dans son coin en nous tournant de temps en temps autour.

Les mots sont posés autour de cette naissance. Pas de positionnement sur le dos, examens ambulatoires et discontinus, pas de médication non nécessaire (exit l’ocytocine de synthèse, la morphine et autres dérivés, et le gaz hilarant, entre autres), choix de la position d’accouchement au dernier moment s’il le faut. Rien qui puisse interférer avec mes premières minutes avec bébé, quitte à subir une révision utérine sans aucune anesthésie afin qu’on ne me la retire pas à peine arrivée comme ce fut le cas avec Monsieur J.

Ces décisions sont fermes et définitives. On avance.

Lors de ce rendez-vous d’aujourd’hui, à 39 SA et 3 jours, nous avons fait un nouveau examen de contrôle. Comme trois semaines auparavant, c’est moi qui l’ait demandé. Sous l’emprise des contractions depuis 26 jours, au rythme d’une dizaine par heure selon certains jours, et ces dernières ne diminuant plus depuis 48h, j’ai voulu savoir si elles étaient ne serait-ce qu’un peu efficaces sur le col. Elles le sont. Peu, mais le col s’est modifié, et il était plus que favorable à un décollement des membranes. Moi aussi. Alors peut-être serons-nous une deuxième fois parents avant la fin de la semaine. On avance.