La jolie nouvelle des vacances

Au milieu des déboires et des sautes d’humeur de ces vacances gâchées, il y a tout de même eu cette belle nouvelle, à laquelle personne ne s’attendait, qui est venu illuminer notre ciel familial d’une belle promesse pour une magnifique personne.

Je parle assez peu de ma famille même si j’évoque régulièrement maman. Il y a presque un an, j’avais raconté de manière plus ou moins imagée sur ce blog le lien pas si fort en sentiments mais très forts en souvenirs qui m’unit au plus jeune de mes deux frères, au travers de quelques moments de vie commune et, surtout, de l’histoire de ce mariage qui venait de prendre fin, six semaines après l’échange des voeux.

Cette femme qu’il avait épousée, mon frère avait appris à l’aimer. Leurs défauts et leurs caractères très forts s’opposaient souvent et l’harmonie qu’ils avaient réussi à en tirer avait finalement été entamée de manière irréparable bien avant cette cérémonie. Mais, surtout, cette femme n’était pas « faite pour lui », et il n’était pas « fait pour elle ». Ils ont eu la chance, chacun de leur côté, de rencontrer leur âme soeur, elle par la suite, mais lui bien avant l’engagement. Il a voulu se convaincre que ce n’était pas pour lui, mais l’amour qu’il portait à cette seconde femme était bien trop fort pour être ignoré, les tensions dans son mariage n’arrangeant rien.

Aujourd’hui, quelques semaines avant leur départ définitif loin de nous, ils nous apprennent qu’ils attendent un enfant.

Une fois l’excitation passée, la crise de joie et la crise de larmes de cette merveilleuse nouvelle dissipées, les explications concernant ce projet me prenne la gorge. Projet qui était une envie, mais pas à l’ordre du jour, et qui pourtant fait leur bonheur. Ils n’ont jamais utilisé le mot « accident » et ne se le permettraient jamais, car pour eux c’est une chance. Elle est malade.

Comme une femme sur dix dans le monde, elle est atteinte d’endométriose. Du haut de sa petite vingtaine, c’est une forme et un stade déjà sévères qui semblent l’envahir, au point que les professionnels de santé qui la suivent n’en reviennent pas de cette grossesse naturelle. Ils ont donc bien évidemment décidé de profiter de cette chance qui s’offre à eux. Ils sont heureux, quand elle en parle, ses yeux brillent, même si souvent au cours de la journée ils sont ternis par les douleurs dont elle est envahie. Ils ne se tracassent pas sur toutes les petites questions des futurs parents, ils réalisent justes, et savourent.

Pour ses deux ans, Monsieur J aura la chance d’avoir un cousin ou une cousine, la famille aura la chance de s’agrandir alors que les aléas de la vie nous éloignaient apparemment de cette promesse. Au milieu de tout ça, j’ai décidé de la soutenir autant que je pouvais.

Une fois de plus, je pense à toutes ces femmes auxquelles cette maladie gâche la vie, à celles atteintes dans leur vie quotidienne, dans leur désir d’être mère… Je souhaite à toutes le meilleur dénouement possible.

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CMP acte 2 : je ne suis pas sa maman

J’ai encore commencé plein d’articles depuis ces vacances. J’ai même voulu écrire pendant. Et puis je me disperse, j’ai l’impression de devenir incompréhensible, j’écris tout et n’importe quoi, quel que soit le sujet.

Je suis juste en train de m’enfoncer, de sombrer. Après ces vacances bien merdiques et une ambiance de retour à la maison qui l’est tout autant, je m’endors et me réveille en pleurant, tous les jours, et chaque jour me semble pire que le précédent. Heureusement, maman me sauve régulièrement en nous accueillant chez elle, monsieur J et moi. Elle a été un super soutien pendant ces vacances, qui auraient certainement été écourtées d’ailleurs si on avait été seuls tous les trois…

Bref, je me laisse tellement aller suite à ça que je ne m’investis plus dans rien. Suite à notre dernier rendez-vous, la sage-femme libérale qui fait mon suivi de grossesse m’a re-donné les coordonnées du CMP rattaché à l’hopital où je suis inscrite pour l’accouchement, qui est orienté sur la péri-natalité, le suivi des enfants et des relations parents-enfants. Un établissement différent de celui où je m’étais déjà rendue en début d’année donc.

Cette fois-ci, j’ai pris mon téléphone et j’ai appelé. Après à peine deux minutes, j’ai craqué, complètement en larmes et la psychiatre m’a proposé un rendez-vous deux jours plus tard. Ce rendez-vous, c’était aujourd’hui, à quatre dans un grand bureau plein de jouets : la psychiatre, une infirmière, monsieur J et moi.

Monsieur J, qui a fait des progrès fulgurants dans plusieurs domaines en l’espace d’un mois (langage, marche, motricité fine entre autres) a étonné ces dames par sa présence et son éveil, pendant que je me tortillais sur ma chaise et parvenait avec peine à répondre aux questions. Contrairement à la psy du CMP vue en début d’année, celle-ci me l’a fait remarquer. Elle a commencé à me poser un autre type de questions, me sentant distante.

Oui je l’étais, je me contenais, je ne voulais plus parler, je ne répondais que brièvement. La seule chose que j’ai répétée, c’est que je savais que je n’étais pas assez proche de lui, que quelque chose nous séparait, que je ne me sens pas entière dans ma relation avec lui. Après m’avoir dit que monsieur J était bien trop confiant, épanoui et sûr de lui pour que notre relation soit comme je la décrivais, elle m’a posé cette question qui a fait céder tous les barrages que je maintenais tant bien que mal depuis 1h30.

Vous ne vous sentez pas sa maman, pas vrai ?

Non. Je ne suis pas sa maman. Je ne réalise toujours pas. Pourtant je n’ai profondément aucun doute, cet accouchement abordé encore une fois durant cette séance m’a tant marquée que je ne l’oublierais pas, je sais que je l’ai mis au monde. Je sais que c’est lui qui a passé ces presque 18 derniers mois à mes côtés, mais je sais aussi que je n’ai jamais pleinement pris conscience que j’étais enfin maman.

Je ne me sens pas non plus maman de cette petite soeur qui grandit en moi, et qui se manifeste à longueur de journée, que je sens à toute heure comme ça ne m’est jamais arrivé pour monsieur J.

Non. Je ne suis pas sa maman. Je ne suis pas leur maman. Je ne suis pas maman tout court. Je n’ai jamais ressenti cette certitude, je n’ai pas ce sentiment d’amour omniprésent, qui existe sans avoir besoin d’y penser, un peu comme la Foi. Je suis obligée de me poser la question pour le réaliser.

J’ai un nouveau rendez-vous la semaine prochaine, sans monsieur J cette fois-ci, qui sera en vacances chez sa mami. Peut-être pourrons nous parler plus librement, la psy le pense en tout cas.

Je croyais avoir fait des progrès. Peut-être qu’ils ont été faits, et que ces dernières semaines m’ont fait du mal sur ce point-là. Je ne ressens plus aucune relation comme épanouissante, que ce soit avec mon loup, mes parents, monsieur J ou mes quelques amis.

Peut-être que la semaine prochaine, ce temps seule à la maison, ce nouveau rendez-vous, m’apporteront quelques éclaircissements.