Une autre thérapie

J’ai décidé d’arrêter de voir la psychiatre.

Après seulement quelques séances, j’ai trouvé que je tournais trop en rond, et elle bien plus que moi encore.

La première fois, elle m’a parue attentive, et c’est toujours mon ressenti. Cependant, ce sont toujours les mêmes mots qui ressortent, et toujours la même ordonnance malgré mon refus de prendre le médicament. Les « bons conseils » du début se répètent, sans volonté de tracer une quelconque évolution.

Pas assez de questions, pas de pistes de réflexions, comme si tout pouvait se soigner à l’aide des seuls médicaments. J’ai un bel exemple sous les yeux des effets de ces médocs, puisque mon père les prend, depuis des années, et que ça situation empire malgré deux visites par semaine et de réguliers rendez-vous en urgence.

Contrairement à lui, je n’ai pas encore complètement pété les plombs et j’aimerais tenter de me reprendre en main seule. J’ai abandonné beaucoup de choses ces dernières années, et j’ai souvent réfléchi ces derniers temps à deux points importants.

Tout d’abord, il y avait la foi. Enfin, j’en parle au passé, mais même en ayant l’impression d’avoir tout laissé tomber depuis cette catasrophique année 2013 (manipulation et dépression au boulot, perte de membres de la famille, d’un ami très proche, et cloturée sur une fausse couche), je me rends compte que j’y pensais presque tous les jours. Je songe depuis longtemps à revenir à la pratique, mais quelque chose au fond de moi me murmure que je ne suis pas encore prête. Ce sera peut-être pour cette année, mais j’ai bien vu avec les fêtes passées que le coeur n’y était pas enore tout à fait.

Alors il y a la deuxième option. La meilleure.

J’ai repris ma guitare. J’ai eu le bonheur de ressentir les notes, de voir que je savais toujours accorder à l’oreille, de faire jouer mes doigts sur un des rares morceaux que je connais, et de commencer à en apprendre un nouveau. J’en ai sélectionné quelques uns, gardé des liens de côté, et je vais m’y mettre sérieusement.

J’ai ressorti ma tablette graphique, aussi. Et toute une palette de crayon de couleurs retrouvés en faisant le ménage dans des cartons qui n’avaient pas été ouverts depuis deux déménagements. J’ai du jeter la peinture qui était précieusement conservée avec, elle n’a pas survécu, mais j’irais certainement en racheter.

Je vais reprendre l’art, sous les formes que j’aime tant, la musique, le dessin, la peinture, et peut-être l’écriture aussi, avec cette histoire commencée en début de scolarité et qui m’avait valu de belles nuits blanches à la mi-automne.

Ces derniers mois, j’ai vécu une demie-vie, cantonnée le plus souvent à la maison à « ne rien faire » ou à me prendre la tête avec bébé J pour essayer de m’accorder à lui. Idem avec son père. A passer des heures sur l’ordinateur, sur le portable, alors que je savais que je consommais trop, qu’il fallait que j’arrête.

Je vais essayer, chaque jour, pour moi, de mettre une musique et/ou un dessin sur la journée, sur les émotions qui la traversent, en espérant avancer grâce à tout ça.

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mais oui mais oui…

… l’école est finie !

Ce que je suis soulagée d’être nefin débarrassée de cette étape… c’était vraiment pénible, je ne suis pas prête d’y revenir pour le grade suivant, ça m’a vaccinée…

Finalement, après un oral dégueulasse malgré un très bon jury, la dernière note, plus globale, m’a fait atteindre une moyenne de 11/20, ma partie scolarité est donc validée !

Il n’y avait pas que l’école, il y avait aussi les collègues. Vraiment, ne plus voir ces gens va me faire du bien, je les trouvais envahissants, même si pas forcément avec moi.

Je n’ai pas la mémoire courte, je sais que je vais retrouver des personnes similaires en service, tout ce que j’espère, c’est que ça ne sera pas dans les mêmes proportions.

Après celle de septembre, une nouvelle page se tourne, avec une bouffée d’air frais ces prochains mois en pouvant travailler tout près de la maison.

Une bouffée qui fait du bien, les tensions familiales et à la maison me bouffant toujours un peu plus ces derniers temps.

Echo T1 & Histoires de Ventre

L’échographie du premier trimestre a eu lieu il y a deux jours. Tout va bien.

A l’allumage, j’ai été prise d’un gros coup de flippe. Pour bébé J, la première image que nous avions eue était un grand bond, mais ce « petit deuxième » n’a commencé à remuer qu’au bout d’une minute. Au tout début, sans le zoom, on ne voyait pas encore le coeur, et la dizaine de secondes qu’il a fallu au doc’ pour zoomer m’a semblé une heure… jusqu’à cette petit zone clignotante.

Tout est parfait, tout va très bien, a dit le doc’ en commentant tout ce qu’il faisait. J’aurais aimé que ça dure plus longtemps, c’était assez expéditif, mais les images étaient si belles avec cette machine toute neuve, et uniquement en voie abdo, ça fait plaisir. Il faut dire aussi que par rapport à août 2015 pour l’écho T1 de bébé J, il y a une bonne vingtaine de kilos en moins.

Mon ventre a pris de l’ampleur en quelques jours. Magie de l’échographie ? Ou des quelques sensations de bulles que j’ai cru entr’apercevoir ? Ca m’étonne beaucoup, étant donné que pour la précédente grossesse, ça s’était vu au bout de 5 mois pleins, et encore, c’était discret.

Ce ventre que je déteste, déformé par l’obésité, je commence à l’apprécier de nouveau. Enfin, plutôt à l’apprécier tout court. Je l’ai tant caché, avant la grossesse, pendant, et après… Est-ce parce que je regrette de ne pas en avoir profité qu’il se montre déjà ?

J’ai beau y penser et me poser la question, il y a toujours cette petite voix au fond de moi, parfois mesquine, parfois moqueuse, qui me renvoie le ventre rond à l’image d’il y a quelques années, avec 50 kilos de plus… ça me fait mal. Je sais qu’il faut que j’en sorte pour savourer pleinement cette deuxième chance.

Trop d’amour, pas d’amour ?

Je suis dans un état d’esprit étrange depuis jeudi soir.

Je m’y attendais, mais je ne m’y étais pas préparée, alors je me suis effondrée. Pas en le retrouvant, pas devant ma belle-mère, mais à peine dans la voiture, crise de larmes, comme dimanche en le quittant.

Il n’a voulu que son papa, il n’a regardé que lui, a pleuré dès qu’il sortait de son champ de vision. J’ai été repoussée, tapée, par ce petit bout d’à peine plus de 13 mois, des gestes qu’on n’attendait pas avant une bonne année encore.

Depuis le retour à la maison, il a très peu d’interractions avec moi, surtout quand on est tous les trois.

J’ai reporté mon rendez-vous psy. Je devais y aller hier, pour midi, mais son père travaillant j’aurais du l’emmener avec moi au rendez-vous, et vu ce que j’avais nouvellement sur le coeur, il était hors de question de tout déverser devant lui. Grâce à une annulation, elle a pu me recaler assez vite, rendez-vous vendredi.

En attendant, le rendez-vous qui aura lieu dans quelques heures pour l’échographie du premier trimestre n’occupe plus toutes mes pensées, même si j’ai le ventre noué en y pensant, comme pour la précédente.

Malgré ce noeud au corps, j’ai l’impression d’être vide. Pleurer l’absence d’un être aimé pour se faire repousser dès les retrouvailles, avoir l’impression qu’on ne se sentira plus jamais aimée, se sentir au bord d’un gouffre, retenue par quelques cordes fragiles.

Ressentir un trop plein d’amour, puis plus d’amour du tout.

Sans toi

Quelques jours chez mami… seulement une première nuit sans toi et j’ai l’impression de perdre pied.

J’aime être seule, j’aime mes calmes journées dans le silence, quand je n’ai pas école et que bébé J est chez sa nounou, et son papa au travail. Mais j’aime aussi savoir que le soir, je vais les retrouver.

Avec l’incertitude de planning de cette semaine, on avait pris la décision de laisser bébé J chez sa grand-mère paternelle. Décision avec laquelle je ne suis toujours pas à l’aise. Des méthodes éducatives qui ne me plaisent pas, dans un premier temps, et surtout un caractère sanguin, impulsif, même s’il est bien tempéré par son mari qui n’hésite jamais à la remettre à sa place et à prendre le relais.

Au-delà de l’inquiétude concernant l’entente et la façon dont elle va s’occuper de lui, c’est surtout l’angoisse d’être séparée de toi mon bébé qui me fait pleurer depuis hier soir.

Pleurer le temps du trajet, pleurer en m’endormant… et me lever en pleine nuit pour aller dans ta chambre câliner les quelques peluches qui sont restées ici.

Nous reviendrons te chercher jeudi… c’est ce qui est prévu, mais je ne sais pas si je tiendrais jusque là ! Je ferais peut-être pression sur mon loup pour y aller mercredi…

Mes révisions pour mon examen de demain sont censées m’occuper, mais je n’arrive à me concentrer sur rien. Je ne pense qu’à toi, à ton petit rire que je n’entendrais pas pendant plusieurs jours, aux grimaces que tu fais à longueur de journée, aux petits pas que tu esquisses tout juste.

Encore trois dodos… ou deux !

J’aime vraiment pas l’école

J’ai hésité, pour le titre. J’aurais pu aussi bien appeler cet article « je n’arrive pas à travailler ». Travailler pour l’école, bien entendu.

Dernière note d’écrit reçu aujourd’hui. J’avais répondu à toutes les questions dans les temps, j’étais plutôt contente de moi sur les sujets que je connaissais bien. J’attendais au moins un 13, et c’est un 11,5 que j’ai récolté.

Techniquement, si je m’en tiens à une note de tout juste la moyenne pour la note de participation globale de l’année, j’aurais validé mon année, puisqu’il me manquera moins que le minimum de points attribués d’office pour le dernier examen pour obtenir la sacro-sainte moyenne qui permet de partir en stage haut-la-main.

Malgré ça, je ne suis pas contente. Je m’étais lancé un défi à moi-même en entrant à l’école en octobre dernier. Un défi pour arriver à (m’)intégrer, pour arriver à travailler toutes ces nouvelles notions. Mais rien n’y a fait, je ne suis pas scolaire et je ne le serais jamais. Je déteste l’école, je déteste le principe d’être en classe et d’apprendre gentiment un truc par coeur, des lois et des concepts qu’on ne me demande pas de travailler mais que je dois savoir restituer comme un bon toutou le jour de l’examen.

J’en ai ras-le-bol… Il reste encore 2 jours et demi à cette semaine avant l’examen, puis deux semaines de cours « détente » pour finir le mois (si on peut appeler une journée de formation sur le prélèvement à la source un jour de détente…).

Cependant, il n’y a pas que ça. Hier, en reprenant les cours après une semaine d’absence (et deux jours la semaine d’avant), j’ai ressenti quelque chose qui ne s’était pas manifesté depuis des années. Une angoisse fourbe me serrait le ventre une fois en vue de l’établissement, les larmes montaient presque une fois entre les murs.

Je savais que j’aurais du mal, mais là c’est simple, je ne supporte plus. Je ne supporte plus les bavardages incessants qui pourrissent la concentration, les profs qui n’en ont rien à foutre, les élèves qui posent 100 fois les mêmes questions alors qu’ils connaissent très bien les réponses juste pour être certains d’avoir une très bonne note de participation, les trajets à rallonge, la clim qui ne fonctionnent pas, les maux de tête causés par les néons et les caquètements de la basse-cour dans laquelle j’essaye tant bien que mal d’évoluer, la RH qui ne fait pas son boulot…

Et puis, même à la maison, impossible de retenir quoi que ce soit des cours auxquels je n’ai pas assisté, si je n’ai pas un prof (ou un pro, merci maman…) avec moi, je n’arrive pas à assimiler les concepts, et donc je serai incapable de les restituer.

J’ai loupé mon défi, clairement, concernant cette scolarité. Je ne me fais plus confiance pour en passer une autre, je n’y arriverai clairement pas. Mes petits projets pro tombent bien à l’eau. Il ne manque plus qu’une affectation à la con (encore quelques semaine d’attente…) et un stage moisi (je prie tous les jours pour pas avoir le même genre de collègues qu’en classe) et je pourrais peut-être toucher le fond professionnellement parlant.