Escherichia Coli

Appel de l’interne hier soir, celle qui m’a reçue aux urgences. Pas d’infection, pas de traitement à prendre, pas besoin de se revoir. Elle m’a demandé comment j’allais, a bien insisté pour que je continue de me reposer. Au revoir madame.

Je pars chercher bébé, et sur le retour je m’aperçois que j’ai plusieurs appels en absence du même numéro dont j’ai décroché l’appel quelques minutes auparavant. Saleté de téléphone qui ne vibre pas et ne fait pas de bruit, au passage…

C’est à nouveau l’interne. Elle s’est trompée, elle a mal lu. Il y a bien une infection, il y a bien une bactérie. Escherichia Coli. Une ordonnance à venir chercher aujourd’hui à l’hopital, un traitement à prendre en une fois. Le seuil est limite, c’est encore bénin, mais il faut traiter rapidement. J’ai du mal avec cette association d’idées.

Les traces de sang avaient duré à pein plus d’un jour, donc j’étais déjà rassurée. En l’entendant, j’ai senti mes jambes se dérober et la chaleur monter, en même tmeps que la peur.

Cette saleté, je la connais, par les diverses histoires vécues dans mon entourage, ou lues ici et là. Pour l’instant, elle ne me fera rien de plus que ce qu’elle a déjà fait, et aucun risque pour le bébé. Mais maintenant qu’elle s’est développée une fois, le terrain est plus propice à son retour, même avec traitement. Plus que la crainte d’enchaîner les infections urinaires, c’est surtout la peur qu’elle soit de nouveau développée d’ici la fin de la grossesse, et qu’elle soit présente le jour de l’accouchement.

Comme si je n’avais déjà pas assez peur de l’accouchement… penser à exiger un contrôle à l’arrivée à l’hopital, peut-être un bébé sous antibio dès la naissance, et ça ruine très certainement la principale idée qui commençait à germer dans ma tête à ce sujet, celle d’accoucher à la maison.

Bref, les montagnes russes ne sont pas prêtes de s’arrêter.

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La peur au ventre

Peur ce week-end, à cause de ce sentiment présent continuellement ces derniers jours, ce manque de concentration, ces douleurs passagères mais régulières, cette fatigue grandissante.

Peur cette nuit, réveillée par des douleurs étranges. Une fois, deux fois, et pas moyen de se rendormir à la troisième.

Peur ce matin, en voyant du sang sur le papier toilette et dans la cuvette.

Peur aux urgences, parce que j’ai craqué une fois à l’hopital, seule puisque chéri se préparait à aller au boulot et à emmener bébé J chez sa nounou. Complètement ailleurs pendant le trajet, c’est une fois devant le personnel médical que les robinets se sont ouverts pendant plus d’une heure.

Le personnel a été génial, souriant, encourageant, l’interne gynéco a posé sa main sur mon épaule en m’adressant un regard doux et confiant avant de m’examiner.

Je n’avais pas voulu faire d’échographie avant celle du premier trimestre, et pourtant en voyant la machine dans la salle d’examen je n’attendais que ça. L’interne m’a expliqué qu’elle allait d’abord regarder, puis qu’elle m’expliquerait et qu’ensuite elle me montrerait. Sans tourner la tête vers elle, juste du coin de l’oeil, j’ai essayé de capter son expression, mais elle était totalement neutre. La minute qu’a duré son inspection m’a paru une heure.

Tout va bien. Il est bien logé dans l’utérus, bien accroché, le sang ne vient pas de lui. Il fait un peu plus de 2 cm et son petit coeur clignote vaillamment. Et juste après que l’interne ait dit qu’on ne le verrait sûrement pas bouger vu son âge, il s’est mis à remuer ! Elle a pris quelques clichés pour le dossier et m’en a donné deux, avec les mesures.

L’examen préalable du col a révélé des irritations, peut-être une infection urinaire également. J’ai pu repartir après un prélèvement urinaire pour analyses, et une piqure de rophylac dans les fesses au cas où. Résultat des analyses au plus tard jeudi pour confirmer ou écarter l’infection. J’ai pu retourner à la maison avec ordre de me reposer, assorti d’un arrêt pour la semaine, et d’une injonction de revenir si le sang réapparait.

La peur au ventre. La peur au corps. Elle ne me lâche pas et elle grandit d’heure en heure depuis le retour de l’hopital. J’essaye de me changer les idées mais c’est difficile de ne pas penser qu’à ces douleurs et à ce sang, même si l’interne a été rassurante.

Je commence le décompte des jours avant la prochaine échographie, pour le premier trimestre. 19 jours qui passeront bien lentement…

Seule

J’ai donc revu la psychiatre hier, au rendez-vous prévu, pour une entrevue assez courte mais pleine d’échanges.

Je suis arrivée, presque avec le sourire, et surtout avec un grand soulagement largement affiché. Oui, je me sentais bien, après cette matinée seule à  la maison.

J’ai longtemps redouté d’être seule. Durant mes premières années de travail, je ne supportais pas de me retrouver seule dans le bureau, alors quand ça arrivait, je changeais de bureau et j’allais travailler avec un autre collègue. J’ai eu la chance d’avoir des chefs sympa, qui ne m’ont jamais empêché de me déplacer de la sorte.

A la maison, depuis toujours, je laisse les portes ouvertes, et surtout celle de la chambre. Peur d’être enfermée, peur de cette sensation de solitude renforcée en étant cloîtrée.

Et puis peu à peu, une fois mon indépendance acquise, j’ai éprouvé un certain plaisir à être seule. Je me suis habituée au silence, en jouant, en lisant, et je regagnais mon tout petit chez moi avec plaisir le soir.

C’est cette sensation qui est restée, et elle se renforce de plus en plus. Je me sens bien, ces deux après-midi par semaine, quand je me retrouve seule à la maison. J’en ai donc parlé avec la psychiatre. Elle a trouvé ça tout à fait normal, et m’a même encouragée à conserver précieusement ces moments pour moi seule, à ne pas les écourter, voire à les multiplier, et surtout d’en faire quelque chose d’enrichissant pour moi.

Malgré tout, j’ai du mal à admettre avoir tant besoin de ces moments seule. Après tout, j’ai toujours rêvé de famille nombreuse, ayant moi-même grandi très entourée et voyant souvent ma famille. Même avec les épreuves traversées cette dernière année, j’ai toujours envie de cette famille nombreuse.

Comme à mon habitude, j’aimerais tellement savoir si ce besoin va durer, ou si je vais arriver à le combattre… Ces petits moments seule, dûs à mon emploi du temps scolaire, vont s’arrêter très bientôt, mais je compte sur la proximité de mon lieu de stage pour grapiller au moins une heure à la fin de chaque journée. Après, avec la nouvelle affectation, il faudra que j’arrive à m’organiser.

J’aimerais, surtout, apprendre à apprécier être seule avec bébé. J’ai de nouveaux contacts grâce au CMP, qui pourra peut-être m’aider à construire ça. J’ai hâte de les rencontrer.

En Urgence

Curieusement, je n’ai jamais vécu ma vie dans l’urgence, j’ai tendance à planifier, beaucoup trop parfois, et pourtant j’ai souvent aimé faire des choses au dernier moment. Je suis assez paradoxale sur ce point là.

Côté urgences médicales, ça m’est arrivé deux fois. Une première, en 2009, douleur curieuse dans la poitrine, comme quelque chose qui écrase une fois allongée, impossible de dormir. Plusieurs heures d’examens en tout genre pour finir sur un R.A.S. L’infirmier était même jaloux de mon électro-cardiogramme, il n’en avait jamais vu un d’aussi parfait, même le sien avait-il dit ! La deuxième fois, quelques moi après, une chute due au verglas, impossible de m’asseoir, peur vis-à-vis de mon matériel dans le dos, et même diagnostique, R.A.S., à part un gros hématome.

Je suis du genre jamais malade. Un petit rhume par-ci par-là, une petite gastro grâce aux transports en commun, une sombre histoire d’otites qui a duré quelques années mais c’est tout.

Pourtant, un sentiment d’urgence est né lundi. En mettant un pied dans la chambre de bébé J avant de partir pour mon examen, j’ai éclaté en sanglots. Un week-end difficile avec sa fête d’anniversaire, à faire semblant que tout va bien, un dimanche épuisant de déplacements et de petites crise entre nous trois…

J’ai eu des pensées très noires. J’ai voulu partir, loin, très loin, disparaître et ne pas revenir. Et puis, ma pensées suivante a été de me dire que personne ne pourrait s’occuper de bébé J ce soir si je n’étais pas là, son père ayant prévu de rester tard au travail.

Je suis allée à mon examen la mort dans l’âme, au bord des larmes dans les transports, et curieusement, j’ai réussi à me plonger pleinement dans mon examen. En sortant, retour des larmes et de la crise, au point de me précipiter au CMP en arrivant chez moi. La psychiatre a pu me prendre entre deux rendez-vous. J’ai passé 20 minutes à pleurer dans son bureau.

Elle m’a rassuré, a encore une fois trouvé les mots justes. Elle a surtout insisté sur le fait que je suis bel et bien attachée à mon bébé, puisque j’ai pensé à lui dans ce moment d’angoisse. Il faut que j’arrête de me dire qu’on n’est pas fait l’un pour l’autre, c’est en partie ça qui cause mes crises.

J’ai peur que l’urgence frappe encore. La psychiatre m’a bien dit que je pouvais l’appeler quand je voulais, quelle que soit ma question. Elle a également insisté sur la possibilité de se rendre aux urgences psy à l’hopital près de chez nous. Elle m’a également indiqué que, si j’en avais besoin, il serait bien que je m’éloigne, pour prendre soin de moi. En appuyant ces mots de la voix et du regard, j’ai bien compris qu’elle parlait d’une hospitalisation. C’est une idée que je refuse pour l’instant…

Avec elle, avec le personnel à l’écoute du CMP, je me sens entourée. Mais pour ne plus être dans l’urgence d’agir contre mes angoisses, j’aimerais être entourée d’une autre manière. J’aimerais que les gens proches de moi arrêtent de détourner la conversation quand j’essaye de me confier. J’aimerais qu’ils soient là, eux, pour moi, comme je suis là pour eux.

Se projeter

Ca parle beaucoup de se projeter, en ce moment, dans les blogs que je lis, quel que soit leur thème. A la maison, depuis la découverte de cette nouvelle grossesse, chéri se projette beaucoup. Enfin, peut-être pas tant que ça pour une personne lambda, mais comparé à ses habitudes, c’est comme s’il ne parlait que de ça !

Je n’ai jamais su me projeter. Même en ayant toute ma vie eu ce désir d’être maman, je ne m’étais jamais projetée en tant que maman. Même pendant les trois années d’essai avec mon précédent compagnon, jamais nous n’avons parlé d’aménagements, de changement de lieu de vie, d’achats, de futures activités en famille.

Ca a toujours été comme ça. Déjà à l’école, je me souviens ne jamais m’être projetée au sujet des examens. Du coup, ça me tétanisait, parce que je n’arrivais pas à me projeter sur un oral par exemple, avant d’y être confrontée.

Je n’ai jamais su me projeter. Vie d’adulte, vie professionnelle, vie de famille… J’avais envie de tout ça, j’y pensais, mais je vivais au jour le jour, et ça a été le cas longtemps. Je n’anticipais rien, je ne voulais pas même penser à l’évolution des maladies qui ont touché ces dernières années les membres de ma famille.

Depuis quelques jours, je me projète. Je me réveille en pleine nuit, prête à aller préparer la prochaine chambre, après avoir rêvé que j’allais accoucher. Je passe des heures dans cette chambre, à penser à ce qu’elle va devenir. J’imagine déjà la relation entre les enfants, pas forcément en bien, en écho à ma propre enfance… J’ai plein de scènes en tête, des tonnes d’envie pour l’avenir.

Et puis, d’un seul coup, je déchante et je fond en larmes. A quoi ça sert, pourquoi ça se passe ? Pourquoi je me projète, au lieu de me protéger ? Rien n’est acquis, je voudrais que les 10 prochains jours passent très vite, que je dépasse la date « estimée » de la fausse couche de 2014. Surtout, tout ce qui me rendais heureuse la seconde d’avant me parait insurmontable.

Et la pire question de toutes : et si ce n’était qu’un caprice ? Alors je me projète, encore : et si je n’y arrivais pas ?

L’exemple, cet outil d’éducation redoutable

Happynaiss

Samedi, 17h.

Nous revenons de la médiathèque (ouais, parce qu’on est des parents cools qui vont à la médiathèque emprunter des livres avec leur enfant) et du Leclercdrive (ouais, parce qu’on est des parents débordés qui seraient prêts à payer cher pour ne plus avoir à gérer du tout ces putains de courses – une sorte de frigo qui s’auto-approvisionne en connexion avec notre cerveau qui pense à ce qu’on aimerait cuisiner, ça se fait non ? Bref).

Bébé Carrousel est dans son siège et elle ne râle pas, par le truchement d’une compote à boire vissée entre ses dents, je suis sur mon portable (en train de vous lire ou de vous répondre bien-sûr !) et Papa ours est au volant. Le trafic est dense et soudain il se retrouve face à un sens interdit inattendu, qui contrecarre les plans minutieux qu’il avait élaboré dans sa tête pour gagner du temps…

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Le premier anniversaire

Retournée par cette année qui vient de passer.

Trop lente, trop rapide, trop pleine de sentiments inexplicables et inexpliqués. Pleine d’aventures, de joie, de déceptions, de larmes, de combats intérieurs et d’instants illuminés par son sourire si radieux.

Il n’a pas mis longtemps à sourire, moins de deux semaines. Dès les premiers instants, il nous avait regardés de ses immenses yeux grands ouverts. Ca a toujours été le cas depuis.

Un an d’observation, de curiosité, puis d’éclats de rire, de balades au soleil, de jeux avec la famille, de courses après le chat pas toujours d’accord.

J’aurais bien aimé dire aussi « un an de câlins » mais tu n’es pas câlin. A peine après quelques semaines de vie tu étais déjà indépendant, tu voulais tout faire tout seul, remuer, t’échapper de nos genoux ou de nos bras, partir à l’aventure, apprendre par toi-même.

Aujourd’hui, tu es un « grand bébé » qui adore ses petits livres et traîne son Monsieur Chat partout.

Aujourd’hui, j’arrive à te voir autrement qu’il y a un an, autrement qu’il y a six mois, et même si ces dernières semaines notre relation n’a pas beaucoup évolué, je souhaite que pour ton deuxième anniversaire, tout soit devenu merveilleux.