Une semaine de chiffres

Ce fut une semaine remplie, pleine d’attentes, d’espoirs comblés ou déçus, et de chiffres.

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La note de mon dernier examen écrit. J’ai été furieuse après moi-même, mais ça n’a pas duré. Pour l’instant, grâce aux autres notes, je me maintiens au-dessus de la moyenne. D’ici à la fin de la partie école de la scolarité, dans à peine plus de 2 mois, il y aura eu une dernière note d’écrit, une note d’examen oral et une note globale de participation. J’ai donc encore le temps de me rattraper. Certes, il y avait des sujets auxquels je n’arrivais pas à m’intéresser, mais cette note surligne une fois de plus ce que je savais déjà : je suis quasiment incapable d’apprendre à l’école. Ce n’est pas intéressant, et bien que vivant, ce n’est pas concret. J’ai emmagasiné des tonnes de connaissances, tant au niveau juridique qu’au niveau pratique, mais parce que j’étais en service, et que je pratiquais ! Ici, derrière un ordinateur, dans une salle de classe la plupart du temps bruyante, c’est presque une torture pour mon esprit et mes capacités de raisonnement qui ont besoin d’application pour apprendre et comprendre.

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C’est le nombre de jours que je me suis fixé sans monter sur une balance, pour essayer de me guérir de cette habitude malsaine d’y monter tous les matins, et la déprime du jour suivant l’affichage d’un chiffre en hausse. Je tiens. Enfin, presque… J’ai triché vendredi, j’avoue… à ma décharge, je me suis pesée en rentrant des cours, donc habillée, par à jeun, en « milieu » de journée… donc ça ne m’aura pas donné mon poids réel, mais j’avais besoin d’être rassurée, et le chiffre que j’y ai vu m’a redonné une confiance modérée. Il faut que je continue à surveiller mon alimentation. Cette dernière semaine a été plutôt correcte de ce côté là. Maintenant, je me tâte à repousser après cette vilaine tricherie…

15, 3 et 45

15 minutes, c’est le temps d’attente que j’ai eu avant d’être reçue par la psychiatre vendredi. Enfin, 20 minutes en réalité, puisque j’étais arrivée un peu en avance. Plutôt « correct » comme attente pour un médecin. Le 3, c’est le nombre de secondes que j’ai tenu avant de m’effondrer, une fois assise dans son bureau. J’avais déjà eu du mal à contenir mes larmes en étant seulement dans la salle d’attente. Et 45 minutes, c’est le temps qu’a duré le rendez-vous. J’ai déduit les 5 minutes qu’elle a passées au téléphone (en trois fois, ça va). Au premier coup de fil pris, j’ai été un peu fâchée qu’elle décroche, puis son rôle et celui de sa structure me sont bien vite revenues en tête, et je ne lui en ai pas tenu rigueur. (concernant le compte rendu de ce rendez-vous, je préfère le faire à froid, j’ai la tête encore envahie et pas que de réactions positives, donc je cogite un peu avant de vous livrer ça…)

3

C’est le nombre de cartons ramenés aujourd’hui de chez ma grand-mère. J’avais peur d’y aller, peur de me plonger dans les souvenirs et de craquer devant mon homme, et mon frère qui nous accompagnait. J’ai serré les dents et les poings en ouvrant les cartons, puis en parcourant les placards en quête de quelques trésors qui me la rappèleraient. J’ai voulu embarquer la (le?) rocking chair, mais évidemment, pas de place pour ça dans la Twingo ! Je me suis vengée sur un plateau que j’adore, et sur ce moule qui m’a fait fondre en larmes, ce moule dans lequel nous avons fait des centaines de brownies… Nous ne sommes pas restés longtemps, et les hommes, les bras chargés, m’ont laissé les clefs pour que je ferme derrière nous. J’ai contemplé l’appartement presque vide une longue minute. Je pense que je ne reviendrais pas, que je ne reverrais plus cet appartement que j’ai connu presque toute ma vie. J’ai dit au revoir au souvenir des chansons qu’elle avait toujours aux lèvres et qui semblaient flotter dans l’air du salon, au revoir à cette chambre du fond dans laquelle j’ai dormi de si nombreuses fois, au revoir au souvenir du vieux matou se faufilant sur le grand balcon. C’est fini, la page est définitivement tournée.

674

C’est le joli chiffre affiché sur le serveur de résultats du labo, en b-HCG. Pleine d’angoisse pour cette nouvelle aventure, non planifiée, comme la première, et les douleurs profondes qui l’accompagnent déjà, qu’elles soient physiques ou psychologiques. Peur du cap des 5 semaines qui m’a fait vivre un enfer début 2014. Mais heureuse malgré tout, parce que depuis la grossesse, depuis la naissance, je n’arrivais pas à me dire autre chose que « ce n’est pas parce que ça a fonctionné une fois que ça fonctionnera une deuxième ». J’ai voulu ménager mon chéri, qui n’est pas prêt, encore moins que pour le premier. J’ai voulu lui conserver la nouvelle pour le week-end prochain, sa semaine promettant d’être très chargée… mais il me connait trop bien (et il me surveille ?), et il a deviné. Il angoissait en attendant que je lui confirme le retard ou la grossesse. La conversation qui en a découlé s’est mieux passée que ce que j’avais imaginé. C’est parti pour une nouvelle aventure !

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J-3

J’ai commencé près d’une dizaine d’articles depuis le début du mois, principalement pour évoquer ce sujet pour lequel j’ai créé ce blog : mon malaise dans ma relation avec bébé J et ma place dans cette famille nouvellement créée. Mais voilà, je n’ai rien publié. Je n’ai rien effacé non plus. Ces brouillons sont précieux, pour le moment.

Dès qu’il me prend l’envie d’écrire sur les moments très bas, un rayon de soleil se pointe. Et dès que les moments heureux s’étirent, une crise vient les trancher brutalement.

En ce moment, les montagnes russes sont plus violentes que jamais. Ces derniers jours, je passe du rire aux larmes, des moments d’euphorie aux pensées sombres, des moments de jeux avec bébé aux envies de disparaître, d’une sortie agréable au soleil en amoureux à une crise de larmes d’une heure cloîtrée dans une pièce de la maison.

J-3… j’attends avec impatience ce rendez-vous avec un psychiatre. Je sens déjà que je ne saurais pas par où commencer. Certainement par des larmes, je ne me donne pas plus de 3 minutes avant de craquer. Ou pas plus de 3 mots ?

J’ai l’impression que ces 4 semaines écoulées depuis la prise de rendez-vous se sont étirées. Que ce soit à l’école, en week-end, ou en vacances pour la semaine dernière, les jours m’ont paru être interminables. Beaucoup de nouvelles douleurs sont nées, beaucoup de nouvelles questions.

J’attends beaucoup de ce premier rendez-vous, et en même temps, je suis réaliste : ce n’est pas une première rencontre qui me permettra de changer quoi que ce soit. Plus que la réponse en elle-même, c’est surtout le ton et le temps qui lui seront accordés qui va compter pour moi. Si je fais fasse à un mur, je sais que je serais incapable d’y remettre les pieds.

Dans 3 jours à la même heure, ce rendez-vous sera derrière moi, et peut-être que je pourrais souffler, un peu, ou du moins réfléchir plus sereinement.

Bilan poids 2017 #1 : baisse et crise

Ces derniers jours, je suis parvenue à me sevrer un peu de la balance. Cet outil affreux auquel je suis accro a eu la chance de m’éviter ces quelques derniers jours. Oui, depuis des semaines, des mois, je me pèse presque tous les jours… sauf en lendemain de fête, et surlendemain parfois.

En montant sur la balance le 1er février, j’ai pu lire 76.6 kilos, soit 4,3 kg de moins que début janvier. Ouf. J’aurais pu descendre plus bas s’il n’y avait pas eu ce bon restau entre copines suivi d’un dîner bien lourd chez maman, et d’un petit dej royal le lendemain. Effet montagne sur le graphique de la courbe de poids. Zut.

Mais dans l’ensemble, niveau nourriture, le mois de janvier s’est bien passé. Sauf que…

Sauf qu’il y a toujours un tas de problème à côté, que j’ai l’impression de trouver des solutions, mais que rien ne marche, rien ne tient sur le long terme, je m’embrouille et je finis par passer autant de temps à pleurer qu’à réfléchir. Alors la crise qui m’avait épargnée ces deux dernières années a frappé de nouveau.

Elle a été moins féroce, bien moins violente que la précédente. J’ai tenu le compte, horrifiée, de tout ce que j’ai avalé pendant cette crise d’hyperphagie. Moitié moins que ce que je pouvais faire avant, merci mon estomac qui a rétréci. Mais je crois que le pire, c’étaient les larmes, la violence des propos que je me suis tenu pendant que j’ingurgitais des aliments qui ne m’apportaient même pas de plaisir gustatif. Ouais, j’ai avalé des trucs que je ne donnerai même pas à mon chat tant la qualité laissait à désirer.

Depuis que ça s’est passé, depuis 4 jours, j’ai peur d’approcher la nourriture, de cuisiner, peur de retomber dans les vieux travers. Parce que, okay, cette fois ci je n’ai pris aucun plaisir à engloutir tout ça. Mais si ça avait été le cas, est-ce que je serai déjà en train de recommencer ? Cuisiner pour mon loup et bébé J a été un calvaire, les courses un supplice, et j’ai l’impression que tut me dégoûte et me fait envie à la fois.

Je ne sais pas si un jour on guérit vraiment de ces problèmes avec la nourriture. Des années de cercle vicieux qui impactent encore mes décisions et mon corps aujourd’hui.

J’essaye de me « venger » un peu sur le sport, sur des exercices légers mais quotidiens, et pour l’instant je tiens, je ne sais par quel miracle. Je baisse les bras à tous les sujets en ce moment, et celui-là risque de ne pas y échapper.

Je ne veux pas reprendre, c’est ma hantise.