Le bilan émotionnel

J’avais envie de faire un bilan de cette année 2016 à qui nous avons dit enfin adieu. Ce n’est pas mon genre de faire des bilans, et pourtant j’ai envie de faire plusieurs articles, à commencer par celui-ci, par les montagnes russes émotionnelles parcourue ces derniers mois.

L’année avait bien commencé, dans notre tout nouvel appartement, dont nous avions récupéré les clefs chez le notaire quelques jours plus tôt. Premier achat, premiers pojets de transformation. A ce jour, presque rien n’a été fait, mais ce n’est pas le sujet de cet article. Nous nous y sentons bien, et c’est un point très fort pour la stabilité de notre vie. J’arrive à m’y sentir appaisée, à m’y réfugier, quelle que soit la pièce. Je suis heureuse que mon coup de coeur des premières secondes de la première visite soit demeuré intact.

Mais malgré ce grand déménagement, c’est l’arrivée de bébé qui nous a chamboulé, et sa présence nous chamboule toujours, en bon comme en moins bon, après ces presque 10 mois de vie commune. Les hauts et les bas, je les avais décris un peu plus tôt dans l’année. Certains points se sont apaisés, d’autres pas.

Hier, j’ai craqué. A une soirée pourtant calme, en seule compagnie de ma mère et mes frères, bébé J était très énervé, au point de pleurer d’épuisement tout en refusant de rester dans son lit, en refusant tout simplement de s’endormir. Au bout de deux heures de câlins, de caresses, d’allez-retour, j’ai craqué. J’étais au bord des hurlements, mais ce ne sont que des larmes qui sont sorties. Mon loup et ma chère maman ont volé à mon secours, et malgré la toute nouvelle patience de mon homme et la bienveillance et les bonnes idées de ma mère, il a fallu encore presque une heure avant que le petit homme ne s’endorme. Autant dire que la soirée était largement entamée ainsi, mais surtout le moral.

Je m’en suis rarement autant voulu que ces derniers jours. J’ai passé la journée à culpabiliser de ces vacances, du rythme de bébé que je n’arrive pas à suivre… Je suis passée par différentes phases au cours de la journée, de l’énervement au jeu, de la menace aux câlins, des chansons aux cris… En réalité, cette journée a été à l’image de ces dix derniers mois : je ne toruve toujours pas ma place avec cet enfant, je ne me sens pas stable.

Ajoutons à cela les autres éléments, complètement extérieurs à notre vie à trois : l’école qui ne me manque pas (reprise mardi, youhou…), l’angoisse quand au stage et à l’affectation à venir, les soucis de mon père, les problèmes de poids, d’économies…

Le plus important de tous restant les pertes. Mon papy d’abord, puis ma grand-mère récemment. Je n’ai jamais autant pensé à la mort que cette année, à nos amis, à ceux de notre famille qui nous ont quitté, aux atrocités qui continuent d’arriver… Mais pour une fois, j’arrive à mettre certains mots sur ce sentiment. Outre le vide déchirant que fait peser leur absence, il y a la conscience de ma propre vie, de ma propre mortalité. Je ne me suis jamais sentie autant mortelle, autant vulnérable, que depuis que j’ai donné la vie.

Ce bilan n’est pas très positif, les hauts semblent tellement détachés des bas qu’ils ne les compensent pas, et sur le plan émotionnel, l’année commence plutôt mal. L’organisation dont je manque cruellement et que j’essaye de forger un peu plus ces derniers temps va me permettre, j’espère, d’y voir plus clair. Et si ça ne va vraiment pas mieux avec les efforts que je pourrais faire seule, j’irais consulter, cette fois. Je n’ai plus peur d’aller voir un professionnel, je sens bien que j’en ai besoin, mais de là à sauter le pas, c’est encore difficile.

Néanmoins, histoire de finir sur une note positive, mon loup et mes parents semblent plus à l’écoute, plus attentifs, ces dernières semaines. J’espère que ça continuera dans ce sens, que nous puissions tous nous soutenir, nous en avons grand besoin, et je vois l’effet bénéfique que ça a sur bébé.

Puisse 2017 faire cesser les montagnes russes. Je n’ai rien contre une randonnée un peu escarpée par endroits pour changer, tant que le paysage reste à couper le souffle.

2 réflexions au sujet de “Le bilan émotionnel”

  1. Compliquées ces montagnes russes…
    Je ne peux que t’encourager à consulter quelqu’un, ne serait-ce qu’en CMP par exemple, avec ton enfant, afin de réguler votre relation, pour de bon ! 🙂
    Courage 🙂
    Gros bisous.

    Aimé par 1 personne

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