La Moitié

Je suis arrivée enfin à la moitié de ma formation. Enfin, plutôt à la moitié de la formation « scolaire », donc plutôt au tiers de mon année au total. Ne supportant pas d’être en classe, dire moitié plutôt que tiers me convient très bien. Une fois en service, même si ce n’est qu’un stage d’application, ça me conviendra mieux.

Les nouveaux cours ont commencé depuis 2 jours, et tout se passe bien. Nouveaux enseignants (mais pas forcément nouvelles têtes), tout aussi aimables que leurs précédesseurs mais bien plus dynamiques, et je retrouve ma première prof encadrante pour laquelle j’ai eu un vrai coup de coeur.

Malheureusement, à peine au premier jour, présentation, et même si les classes ont été recomposées (beaucoup de nouvelles têtes de ce côté ci), je constate avec désolation que nombreux sont encore prompt à afficher leur vie privée quand on se contente de leur poser des questions sur leur parcours pro… Et, cerise sur le gâteau, une femme enceinte. Je ne m’y fais toujours pas, et l’avoir aussi près de moi me perturbe.

Je ne reprendrais pas ma « liste pour l’année » pour l’instant. Je n’en suis pas très fière, mais je ne l’ai que très peu complétée, surtout au niveau scolaire/pro… mes notes sont tout juste au-dessus de la moyenne, et depuis le premier examen fin novembre, je n’ai plus jamais ouvert un cours à la maison, même pour réviser le 3ème examen qui a eu lieu lundi. Résultat dans 2 semaines, on verra bien ce que ça a donné, mais ce n’est pas glorieux, je pense.

Je constate aussi, les larmes aux yeux, que ma relation avec bébé J n’est pas sur la voie que je souhaitais engager à travers cette liste non plus… Malgré les livres achetés et offerts, pas moyen d’arriver à se poser avec lui pour les parcourir ensemble. Les repas sont devenus catastrophiques, pour moi du moins. Les miens aussi d’ailleurs, et mon poids fait le yoyo, avec des jours de gros abus et des jours où je n’avale presque rien.

Que dire des objectifs cuisine, téléphone, lecture, économies… et bien rien, j’ai trop honte.

Seule ma relation avec mon homme reste constante, malgré une grosse dispute il y a quelques jours. Malgré nos désaccords, je le trouve au final bien plus raisonnable que moi, et il ne m’en veut jamais après coup, ce qui contribue à rétablir rapidement une bonne ambiance/entente entre nous.

J’aimerais que cette deuxième moitié passe vite, et surtout savoir où je vais pouvoir exercer mon stage… même si ce n’est que pour quelques mois, j’espère l’avoir tout près de la maison, histoire de pouvoir me reposer un peu sans les 3h de transports parisiens quotidiens.

Je ne vais pas rajouter d’objectifs, et d’ici 3 mois j’espère que j’aurais beaucoup plus avancé que les 3 précédents. J’attends beaucoup de mon rendez-vous pour m’aider dans cette voie.

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Attendre

Je suis impatiente, surtout dans l’épreuve et la douleur. J’aimerais toujours que tout s’arrange vite, que tout se soigne vite, que la douleur n’existe pas, que l’échec n’existe pas… que ce soit pour moi ou pour les autres, d’ailleurs. Et que dire de l’attente la plus importante de ma vie…

Je suis impatiente, aussi dans les rendez-vous et les échéances, qu’ils soient pour un évènement agréable ou pas. Ces crampes au ventre causées par l’attente, je les connais bien, elles m’accompagnent souvent, presque quotidiennement ces dernières semaines. Ces crampes qui augmente en fulgurance quand le moment approche.

Je suis impatiente dès que je prends une décision. Quand je veux perdre du poids, je voudrais rentrer le lendemain dans la taille du dessous. Quand je veux changer mon alimentation, je risque de remplir ma poubelle d’une minute à l’autre. Quand je veux changer une pièce, je voudrais pouvoir la vider et la re-meubler d’un coup de baguette magique, et à défaut d’aller immédiatement dans un magasin de meubles ou de déco et le dévaliser.

Je suis impatiente dès que je veux voir quelqu’un. Quand nos disponibilités ne collent pas, ça m’énerve, je me fâche avec moi-même, je suis prête à faire un grand trajet ou bouleverser mon emploi du temps d’une seconde à l’autre.

Mais curieusement, depuis ce matin, je n’ai aucune impatience pour ce rendez-vous que je viens de prendre. J’ai des crampes au ventre à y penser certes, mais j’irais à reculons. C’est à 3 minutes de chez moi, donc même à reculons, j’y serais rapidement. J’ai peur de ce que je vais dire, j’ai peur de craquer, peur de m’emmêler.

Dans un mois tout rond, j’aurais mon premier rendez-vous au centre médico-psychologique. Un psychiatre, dans un premier temps, pour déterminer ce dont j’ai besoin, puis psychologue ensuite, mais la liste d’attente est très longue apparemment.

Merci à Endolorie pour m’avoir indiqué que ça existait, je n’aurais pas trouvé ça par moi-même… J’espère que ça va me permettre d’avancer.

Je suis impatiente… j’attends en bouillonnant que ça aille mieux, mais j’ai l’impression de ne pas faire grand chose pour.

Cette réaction #2

Encore une réaction de maman.

Encore une réaction à laquelle je ne m’attendais pas, moi qui ai l’impression de si bien la connaître, et surtout, l’impression de tout lui dire…

Maman était avec nous le week-end dernier. Elle avait envie de voir bébé J, de passer du temps avec lui. Ca tombait bien, nous avions des meubles à aller acheter, et dans la twingo, ils ont tendance à ne pas rentrer si nous y sommes déjà tous les trois en compagnie de la poussette.

Nous en avons profité pour nous évader un peu en amoureux, quelques heures, entrecoupées de passages à la maison. Tout s’est bien passé.

Dimanche matin, en bonne lève-tôt, j’ai préparé un petit déjeuner aux aurores, et maman qui ne dort pas beaucoup plus que moi n’a pas tardé à me rejoindre. Nous avons longuement parlé, de bébé J d’abord, puis je ne sais plus comment nous avons dérivé sur la grossesse. Surprise par les larmes dans mes yeux, je lui ai avoué que je n’avais pas profité de ma grossesse, et qu’il me tardait d’en revivre une, comme pour « rattraper ».

Elle n’a pas compris. Rattraper quoi ? Eh bien maman, rattraper toutes ces fois où je me suis cachée, dans la rue, à l’hopital, dans les transports, sous ces vêments amples, sous ces manteaux trop grands pour moi. Parce que pendant cette « longue » attente, je ne supportais plus les femmes enceintes, j’en pleurais dès que j’en voyais une, pire encore si c’était quelqu’un de proche.

Elle n’a pas compris. Comment ça, longue attente ? Trois ans, maman. Si, je te l’ai dis. Quand je me suis installée avec A. (mon ex), nous lancions les projets bébé. Nous allions consulter, nous allions faire les examens, nous allions voir médecin, gynécologue, laboratoires, acupuncteur, pour finir 2 ans et demi et deux déménagements plus tardchez cette gynéco que tu appréciais et qui avait été si froide avec nous. Celle-là même qui, dans cette enveloppe tendue pleine d’ordonnances pour encore plus d’examens, avait également rédigé une recommandation pour un confrère chef de service PMA.

Ca a fini sur une séparation, au bout de 5 ans de relations, au bout de 3 ans tout pile d’essais, une quinzaine de jours après l’annonce de la grossesse de ma cousine, alors que j’étais enceinte moi-même sans le savoir, de cette petite graine qui n’a pas tenu. J’avais pleuré toute la soirée.

Encore une réaction de maman.

Encore une réaction à laquelle je ne m’attendais pas, moi qui ai l’impression de si bien la connaître, et surtout, l’impression de tout lui dire…

Et pourtant, il y avait bien quelque chose qui n’avait pas été dit. Ou pas assez. Ou pas entendu. Maman est très forte pour ne pas entendre, quand elle n’a pas envie. Pourtant, c’est quelqu’un de très à l’écoute, de très attentif. Est-ce que j’ai vraiment gardé ça pour moi ? Ou est-ce que son très fort désir de voir la famille s’agrandir a fait occulter ces mots quelque part loin dans sa mémoire ?

Elle a pâli. Elle s’est décomposée. Puis, au bout d’une minute qui a semblé une éternité, elle a baissé les yeux, et a soufflé qu’elle n’avait pas compris. Et puis, une autre minute, un grand soupir. « On ne peut vraiment pas comprendre ce que c’est quand on n’a jamais eu de problème à avoir ses enfants. »

Ces mots, cette réaction, m’ont fait penser à ma tante, qui avait eu tant de mal à avoir son unique enfant, et à toutes ces femmes – et ces hommes – que je lis chaque jour. Je vous souhaite à toutes et tous d’avoir quelqu’un d’assez proche pour pouvoir vous confier sur ce désir, ces échecs, ce parcours lourd que vous suivez, que vous subissez. J’avais quelqu’un a portée, et je n’ai pas su correctement lui parler.

Dégonflée et coupable

Dégonflée, c’était jeudi. Et un peu hier, aussi.

Jeudi, c’était une décision, prise la veille pendant que je tombais dans le sommeil. Une décision pas très ferme, qui a flanché plusieurs fois au cours de la journée, assortie de vérifications de planning inutiles puisque l’information avait été confirmée des centaines de fois déjà, et depuis plusieurs semaines.

J’ai décidé d’aller voir la psychologue de la PMI. Elle reçoit gratuitement et sans rendez-vous, tout ce qu’il me faut au vu de mon porte-feuille et du trou dans mon emploi du temps cette semaine-là. J’ai choisi un autre arrêt de train, je suis partie dans la bonne direction, un peu à reculons, mais j’ai avancé.

Arrivée à l’angle précédent les bâtiments de la PMI, j’ai commencé à avoir des maux de ventre, mais j’ai continué à avancer. Jusqu’à ce que j’aperçoive la cour d’entrée, puis je me suis figée. Figée devant la queue, figée devant ces filles, ces femmes, dont je ne voulais pas approcher. Elles étaient seules, sans enfants, sans accompagnants, elles venaient pour la même chose que moi.

De loin, je les ai détaillées. Est-ce que je suis vraiment comme ces filles là ? Elles se ressemblaient toutes, elles avaient toutes ce look que je déteste parce qu’il colle à la peau des personnes avec lesquelles je n’ai aucune chance de m’entendre, et au sujet desquelles existent malheureusement beaucoup de préjugés et d’amalgames. Amalgames que je ne peux pas m’empêcher moi-même de faire parfois, comme ce jeudi… Je me suis revue en face de personnes comme elles, à l’adolescence et au début de la vie adulte, quand je me laissais encore allègrement marcher dessus. Et même si ce n’est plus le cas aujourd’hui, ça m’a tétanisée

Je les ai observées, sans bouger d’un cil, pendant certainement de longues minutes. Je me suis servie de ça comme prétexte, et je me suis dégonflée.

 

Coupable, c’était hier. Et la veille. Et ce matin. Toute la semaine en fait. Ce sentiment de ne rien faire correctement, de ne rien faire de bien. Plus envie de rien, ni de me lever, ni d’aller en cours, ni de m’occuper de mes hommes… Je me force à tout.

La seule chose que j’ai faite spontannément à été de m’occuper de bébé J malade comme pas possible hier, à le garder près de moi, le bercer, lui chanter des chansons, le changer et le laver plusieurs fois dans la soirée. Mais même dans ce moment là, je ne voyais que la culpabilité. Et si c’était ma faute s’il était malade ? Je ne détache à nouveau de plus en plus de lui en ce moment, il le sait, ça se voit à ses réactions.

Coupable de ne même pas avoir peur de ce qui se passera si nous nous détachons l’un de l’autre.

Coupable de m’être dégonflée.

Le bilan poids

En voilà un qui est positif.

2016 a été un grand coup de pied aux fesses pour relancer ma perte de poids. Je descend doucement (surtout avec les repas de fêtes qui viennent de passer), mais en regardant la courbe de cette année, j’ai un grand espoir de voir enfin mon IMC passer dans le vert, devenir « normal ».

Au départ, je ne voulais pas mettre de chiffres… et puis merde, j’ai besoin de me libérer et d’assumer, alors c’est parti, même si c’est difficile !

  • Poids au plus haut début 2011 : suite à une chute dûe au gel, je me retoruve à aller consulter mon chirurgien pour me rassurer, la radio ayant montré une vis démise. Il m’accueille avec l’amer constat de mon poids qui a grimpé depuis la dernière fois, je n’avais même pas encore les deux pieds posés dans son bureau qu’il me fait monter sur la balance… verdict, 128 kilos.
  • j’essaye de me reprendre un peu en main. A l’époque, j’habite avec mon papa depuis quelques mois, mon chéri vient de s’installer avec nous, c’est donc bien encadrée que je commence à faire attention. Je perds une quinzaine de kilos en quelques mois, et je reste sur ces chiffres pendant un long moment.
  • fin 2013 : je rencontre mon chéri et quitte le précédent dans la foulée, le poids en est toujours au même point (113 kilos à peu près). S’en suivent la fausse couche, la déprime qui va avec, mais mon loup surveille et le poids semble ne pas trop bouger.
  • septembre 2014 : une semaine de grosse detox avec découverte du HIIT que je pratique à la maison sur des vidéos pro, je perds 5 kilos, je ne les ai jamais repris. La deuxième semaine sur le même rythme n’a apporté qu’une stabilisation, mais c’est déjà ça.
  • février 2015 : j’ai continué à perdre peu à peu du poids, mais le stress de la dernière épreuve du concours me fait faire un peu n’importe quoi, ça fluctue, mais je suis toujours au-dessus des 3 chiffres.
  • juin 2015 : le miracle, la grossesse, je suis à 103 kilos et j’ai peur de reprendre… la bizarerie du corps et des modifications dues aux hormones font que, très rapidement, je ne supporte plus le sucre ni la graisse, quelle que soit l’origine ! Je ne mange donc plus que du poulet, du poisson, du riz et des légumes. je perds près de 4 kilos les premiers mois.
  • mars 2016 : accouchement. Entrée à la maternité : 102 kilos (j’avais donc repris un peu en fin de grossesse ce que j’avais perdu au début). Sortie de la maternité : 97 kilos.
  • début mai 2016 : 92 kilos
  • début juillet 2016 : 88 kilos. Je commence « le secret du poids » avec l’aide d’une application où je rentre tout ce que je mange, pour respecter un quota de calories. Je perds 4 kilos le premier mois, sans toujours respecter ni faire strictement attention tous les jours, mais le rythme vient bien. J’arrive à 82 kilos à la fin de l’été.

Depuis la fin de l’été, entre le début de l’école, l’ambiance pas folichonne, les coups de blues (voire de déprime) avec bébé et dans ma vie de couple, la perte de repères, la perte de ma grand-mère récemment, je me suis beaucoup laissée aller. Il y a plein d’aliments qui me gâchent la vie à cause d’intolérances, et pourtant je me suis jetée dessus dans des quantités parfois au-delà de la simple gourmandises. La pesée de début d’année me faisait peur, je savais que j’aurais bien remonté au-dessus du minimum que j’avais atteind (79 fin novembre), je me voyais au delà de 82, mais au final c’est un 80.9 plein d’espoirs qui s’est affiché.

Au delà du problème du poids, c’est surtout mon rapport à la nourriture qui pose un véritable soucis. J’ai appris peu à peu, depuis que je suis avec mon loup, à ne pas me rabattre sur les placards où à ne pas foncer à la supérette au moindre coup de mou. Ca m’est encore arrivé ces dernières semaines, certes, mais les crises d’hyperphagie sont loin. La dernière remonte aux environs de mon oral d’examen si ma mémoire est juste, il me semble ne pas en avoir fait pendant la grossesse, et je suis certaine que ça n’est pas arrivé en 2016. Ces crises impressionnantes, en plus de me rendre bien malades, envoyaient un méchant coup au porte monnaie, puisque j’étais capable d’acheter et d’engloutir la nourriture de plusieurs jours, un repas pour plusieurs personnes ou un goûter géant en l’espace de quelques heures… et de planquer toutes les preuves bien entendu.

Voilà avec quoi je début 2017 côté poids : le 80,9 de ce matin. Un kilo à perdre et à stabiliser pour ne plus être au-dessus de 80, plus jamais je l’espère, et encore 9 kilos de plus à éliminer pour passer à un IMC normal. Je n’ai pas d’objectif plus précis à atteindre, le seul étant de me stabiliser dans un poids dans lequel je me sentirais bien, pour pouvoir envisager une opération de chirurgie réparatrice… l’obésité morbide laisse des séquelles qui n’aident pas vraiment à s’aimer ou s’accepter.

Je veux rester dans la lancée de 2016. Encore 3 kilos et je sors le champagne. Moins 50, ça devrait pouvoir se fêter.

Le bilan émotionnel

J’avais envie de faire un bilan de cette année 2016 à qui nous avons dit enfin adieu. Ce n’est pas mon genre de faire des bilans, et pourtant j’ai envie de faire plusieurs articles, à commencer par celui-ci, par les montagnes russes émotionnelles parcourue ces derniers mois.

L’année avait bien commencé, dans notre tout nouvel appartement, dont nous avions récupéré les clefs chez le notaire quelques jours plus tôt. Premier achat, premiers pojets de transformation. A ce jour, presque rien n’a été fait, mais ce n’est pas le sujet de cet article. Nous nous y sentons bien, et c’est un point très fort pour la stabilité de notre vie. J’arrive à m’y sentir appaisée, à m’y réfugier, quelle que soit la pièce. Je suis heureuse que mon coup de coeur des premières secondes de la première visite soit demeuré intact.

Mais malgré ce grand déménagement, c’est l’arrivée de bébé qui nous a chamboulé, et sa présence nous chamboule toujours, en bon comme en moins bon, après ces presque 10 mois de vie commune. Les hauts et les bas, je les avais décris un peu plus tôt dans l’année. Certains points se sont apaisés, d’autres pas.

Hier, j’ai craqué. A une soirée pourtant calme, en seule compagnie de ma mère et mes frères, bébé J était très énervé, au point de pleurer d’épuisement tout en refusant de rester dans son lit, en refusant tout simplement de s’endormir. Au bout de deux heures de câlins, de caresses, d’allez-retour, j’ai craqué. J’étais au bord des hurlements, mais ce ne sont que des larmes qui sont sorties. Mon loup et ma chère maman ont volé à mon secours, et malgré la toute nouvelle patience de mon homme et la bienveillance et les bonnes idées de ma mère, il a fallu encore presque une heure avant que le petit homme ne s’endorme. Autant dire que la soirée était largement entamée ainsi, mais surtout le moral.

Je m’en suis rarement autant voulu que ces derniers jours. J’ai passé la journée à culpabiliser de ces vacances, du rythme de bébé que je n’arrive pas à suivre… Je suis passée par différentes phases au cours de la journée, de l’énervement au jeu, de la menace aux câlins, des chansons aux cris… En réalité, cette journée a été à l’image de ces dix derniers mois : je ne toruve toujours pas ma place avec cet enfant, je ne me sens pas stable.

Ajoutons à cela les autres éléments, complètement extérieurs à notre vie à trois : l’école qui ne me manque pas (reprise mardi, youhou…), l’angoisse quand au stage et à l’affectation à venir, les soucis de mon père, les problèmes de poids, d’économies…

Le plus important de tous restant les pertes. Mon papy d’abord, puis ma grand-mère récemment. Je n’ai jamais autant pensé à la mort que cette année, à nos amis, à ceux de notre famille qui nous ont quitté, aux atrocités qui continuent d’arriver… Mais pour une fois, j’arrive à mettre certains mots sur ce sentiment. Outre le vide déchirant que fait peser leur absence, il y a la conscience de ma propre vie, de ma propre mortalité. Je ne me suis jamais sentie autant mortelle, autant vulnérable, que depuis que j’ai donné la vie.

Ce bilan n’est pas très positif, les hauts semblent tellement détachés des bas qu’ils ne les compensent pas, et sur le plan émotionnel, l’année commence plutôt mal. L’organisation dont je manque cruellement et que j’essaye de forger un peu plus ces derniers temps va me permettre, j’espère, d’y voir plus clair. Et si ça ne va vraiment pas mieux avec les efforts que je pourrais faire seule, j’irais consulter, cette fois. Je n’ai plus peur d’aller voir un professionnel, je sens bien que j’en ai besoin, mais de là à sauter le pas, c’est encore difficile.

Néanmoins, histoire de finir sur une note positive, mon loup et mes parents semblent plus à l’écoute, plus attentifs, ces dernières semaines. J’espère que ça continuera dans ce sens, que nous puissions tous nous soutenir, nous en avons grand besoin, et je vois l’effet bénéfique que ça a sur bébé.

Puisse 2017 faire cesser les montagnes russes. Je n’ai rien contre une randonnée un peu escarpée par endroits pour changer, tant que le paysage reste à couper le souffle.