mon corps et moi : le poids

J’ai toujours été en surpoids. C’est ce qu’on m’a toujours dit, plus ou moins délicatement, plus ou moins méchamment, à peu près tout au long de ma vie.

Il y a eu des phases de prise plus ou moins rapides, plus ou moins longues, certainement des phases où j’ai stagné, mais je n’ai jamais enclenché de baisse avant d’être confortablement installée dans ma vie d’adulte.

J’ai toujours été en surpoids. Pourtant, en regardant très longtemps en arrière, dans les albums de famille, je ne vois pas en quoi. Si on avait cessé de me le dire assez tôt, peut-être que ça ne me serait pas autant entré dans la tête. Et si ça ne m’était pas autant entré dans la tête, peut-être que je ne me serais pas autant laissée aller.

Aujourd’hui, j’effleure la barre des 40 kilos perdus. Je ne me souviens plus bien d’où j’en étais exactement, alors j’ai arrondi à la moitié entre deux dizaines. Et pourtant, pour me sentir bien, il faudrait que j’en perde encore au moins 20. Allez, soyons indulgents, je vais dire 15. Et ça, c’est selon mon IMC. Peut-être qu’il faudrait même que je descende encore plus.

J’ai toujours été en surpoids. Si je me suis sortie de certaines phases, c’est grâce à quelques hommes qui m’ont motivée, à leur manière, avec plus ou moins de tact… Un médecin, qui m’a fait prendre le déclic, mon père, qui m’a aidé dans la première lancée, puis mon homme actuel et enfin bébé, grâce à la grossesse pendant laquelle je n’ai pas pris un gramme, donc quelques kilos encore en moins sur la balance une fois de retour de la maternité.

Mais pour l’instant, après un bon mois à stagner, j’ai juste l’impression que la machine ne se relancera pas.

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journée noire

Je m’en veux déjà d’écrire ces quelques lignes. Mais il me faut un exutoire, il faut que je le couche quelque part, il faut que je puisse me relire dans un autre état d’esprit et comprendre. Et communiquer, le but premier de ce journal étant de trouver si ce n’est de l’aide, au moins des témoignages.
Les larmes me viennent dès que je suis loin de lui, souvent au travail, et pourtant ce dimanche, je n’ai rien souhaité d’autre. Peut-être parce que son père a été odieux, peut-être parce que ma mère n’est pas restée assez longtemps.
J’ai tenté d’aborder le sujet avec elle. Maman, je sais que tu comprends où je veux en venir, je sais que tu vois la détresse dans mon regard. Ce que je ne sais pas, c’est pourquoi tu détournes le sujet, pourquoi tu ne me laisses pas poser cette question qui te mènerait à forcément me répondre ? J’ai pensé en parler par écrit avec elle, mais imaginer sa réaction sans pouvoir la voir, où le temps qu’elle pourrait mettre à me répondre… ça flingue le peu de volonté qui pointe à ce sujet.
Ce dimanche, j’avais envie d’être seule. J’avais envie d’un moment à moi. J’ai l’impression de ne vivre et de n’exister que pour vous deux en ce moment. Je voudrais vivre et exister pour moi, rien qu’un peu. A peine maman était-elle partie que je perdais ce sourire que je ne pouvais plus feindre, que j’allais me séparer de bébé et m’enfermer dans un mutisme qui allait énerver son père.
Je m’en veux encore plus d’écrire ces lignes, mais pas autant que de ne pas comprendre pourquoi, parfois, leurs sollicitations permanentes me font souffrir.

Avec Elle

Du lundi au vendredi, même rituel. Je viens te récupérer avec une ponctualité, une impatience et un soulagement que j’essaye de masquer. Tant bien que mal ? Je n’en ai aucune idée.

Et Elle, elle me dit toujours la même chose. Tu as été un amour, calme, très souriant, tu as raconté plein de choses avec tes babillages à rallonge. Tu as fais deux siestes, 1h30 le matin et presque 2h l’après midi. Tu as pris tes biberons, toujours la même dose, toujours aux mêmes heures. Tu es parfait, c’est un réel bonheur de t’avoir.

A la maison, tout est toujours anarchique. Certes, tu « fais tes nuits » depuis un bon moment déjà, mais les heures de coucher, qu’elles soient pour la nuit ou les siestes, ne se ressemblent jamais. Et puis, l’impatience de ton père à ton égard n’arrange pas les choses.

Du lundi au vendredi, même rituel. Sauf qu’en prime, ces derniers jours, tu ne me donnes aucun sourire, et les corvées et autres tâches dont je ne devrais pas avoir à m’enquérir seule nous éloignent l’un de l’autre pour le peu d’heures que nous pouvons passer ensemble. Une fois achevées, il est tard, et c’est un petit être grognon que je récupère pour quelques minutes avant le coucher.

Pourtant, avec Elle, jusque dans les instants du coucher, tu souris sans cesse.

les femmes enceintes

Il y a certaines personnes que j’ai toujours regardées de travers. Pourtant, je n’aime pas juger les autres, surtout sans les connaître, que ce soit en bien ou en mal. Je pense pouvoir affirmer que je le fais rarement car oui, ça doit bien m’arriver. Rien ne me passe par la tête en voyant des inconnus, je dois tenir ça de ma mère.

Rien, sauf avec les femmes enceintes.

J’ai baigné tant d’années dans le spectre de l’infertilité, après plusieurs années d’essai avec mon précédent compagnon, que ce sentiment me colle encore, malgré le fait d’avoir moi-même connu ce bonheur.

Les radars s’enclenchent au moindre signe. Je suis attentive aux gestes des gens, à défaut d’être attentive à des choses pouvant paraître plus essentielles, plus importantes. Et une fois le signe repéré, encore plus s’il est flagrant, je ne peux plus en détacher le regard, et je bous intérieurement. Les larmes montent, et parfois elles coulent.

Puis je m’en veux, parce que je ne connais pas l’histoire de ces personnes. La plupart du temps, ces femmes sont rayonnantes, mais après tout, je suis bien placée pour savoir ce que c’est que de masquer sans cesse ce que l’on ressent.

Je repense encore à ce soir de début janvier, signature de l’état des lieux de sortie. Je regardais jalousement l’agent immobilier et son joli ventre rond. Elle devait être à 5 mois de grossesse. Moi, à sept. Et pourtant je la jalousais.

Il y a certaines personnes que j’ai toujours regardées de travers. Je déteste les femmes enceintes, juste parce qu’elles le sont.

Est-ce pour ça que je n’ai gardé qu’une seule photo de moi durant ma grossesse ? Certainement. Mais maintenant, je le regrette.

Arriver à écrire

J’ai commencé ce blog pour parler d’un problème. Ce problème, c’est ma relation avec mon fils. Elle évolue, elle fluctue, mais pour l’instant je dirais qu’elle n’est satisfaisante ni pour lui ni pour moi.

Je voudrais laisser une trace écrite de ce problème, parce qu’à l’oral, malgré de nombreuses tentatives avec mon homme ou mes parents, je n’y arrive pas. Je voudrais laisser une trace écrite de nombreuses autres choses d’ailleurs, des sujets qui me tiennent à coeur et que je n’arrive pas à pondre malgré de nombreuses lignes déjà sauvegardées.

En ce moment, pour diverses raisons, je passe beaucoup de temps sur le net. Je lis des articles et leurs commentaires, des forums, des groupes, des blogs, plus ou moins privés, et toujours plus de commentaires. Aujourd’hui, avec l’anonymat de l’internet, les agressions sont faciles. Et quand je vois ces sujets sources de polémique et les insultes plus ou moins dissimulées qu’on trouve de la part des « lecteurs », même si le public est peu nombreux, ça me fait peur. Parce que je suis fragile, parce que même si dans ma vie de tous les jours, au travail, en famille ou dans mon couple je mets en avant le moindre problème pour évoter les non-dits et ainsi régler les conflits en amont, et que j’encaisse de ce fait toute la rage de ceux qui ne partagent pas mon avis quel qu’il soit, je ne sais pas décharger. Parce qu’on peut pas éviter les critiques, et qu’une fois qu’elles ont été entendues (ou lues), on peut toujours en supprimer la trace écrite, mais pas la trace en soi.

J’ai commencé ce blog pour parler d’un problème, et ce problème me pourrit la vie de plus en plus. Ecrire m’a toujours libérée mais, comme à l’oral, est-ce que s’exposer aux critiques négatives permet vraiment de se contruire et d’avancer ?

Plus qu’arriver à l’écrire, mon problème aujourd’hui, c’est d’arriver à le partager.