La rentrée du changement

Aujourd’hui, ça fait 13 mois et 6 jours que je ne travaille plus.

Aujourd’hui aurait du être ma rentrée après cette grosse année passée à m’occuper des enfants, de la famille et de la maison. Le chemin que nous avons pris est finalement bien différent, puisque je suis encore en congé parental pour 3 jours, avant de débuter officiellement un congé maternité de six mois. Congé maternité qui, sauf surprise ou coup du sort, débouchera de nouveau sur un congé parental, pour 6 mois au moins, voire 18 mois en tout, pour une rentrée professionnelle en septembre 2020…

Je me sens déjà à mille lieux de mon emploi, certaine d’avoir oublié tout un tas de compétences et d’outils, même si grâce à l’actualité il est facile de se tenir au courant (et grâce à deux parents qui ont le même métier). Je ne me vois pas retourner au travail, me remettre dans le bain professionnel, mais uniquement pour cet aspect là. Evidemment, j’ai besoin de faire « autre chose », de « respirer », mais même si la vie à la maison est difficile, la reprise professionnelle me fait très peur.

Cependant, malgré la vie à la maison prolongée, il y a bel et bien du changement pour cette rentrée.

Nous avons eu l’opportunité en avril dernier de bénéficier pour septembre d’une place en crèche familiale pour Monsieur J. Nous avions rencontré immédiatement l’assistante maternelle qui s’occuperait de lui, mais nous avons longuement hésité. Finalement, alors que j’étais sur le point d’annuler notre demande arrivés à la fin juin, c’est mon loup qui a tranché : je suis trop fatiguée, il a peur que les choses se passent mal pour moi et devoir gérer tout seul pendant une période non définissable, alors on prend cette place. On « prend le risque ».

Le « risque » oui, car financièrement, ça pourrait ne pas être évident. Ce mois-ci, après avoir dépensé ma part de charges, il ne me reste presque plus rien sur mes comptes, courant et livret compris. Certes, avec le congé maternité, je toucherai mon salaire à la fin du mois, mais il va falloir mettre le moindre sous possible de côté. Nous attendons donc de faire un premier mois complet pour calculer si nous pouvons nous permettre de garder le mode de garde de Monsieur J au-delà du congé maternité, puisque qu’ensuite je ne toucherai plus de nouveau que le congé parental. Sachant que la rentrée d’argent, comme tous ces derniers mois, sera inférieure aux dépenses mensuelles, et qu’il faut en plus préparer le budget de l’appel de fonds de la copropriété début 2020 pour le changement de chaudière. Et changer de voiture… nous risquons d’avoir du mal à rentrer à cinq dans une Twingo !

Beaucoup de questionnements donc, et beaucoup de préparation à prévoir, tant physique et financière que psychologique.

Psychologique oui. Malgré les difficultés rencontrées en ce moment pour m’occuper de Monsieur J (encore cette histoire de Monstre et de fatigue grandissante…), je me sens coupable de laisser quelqu’un d’autre s’en occuper, de ne passer à nouveau plus qu’une petite heure avec lui le matin et trois heures le soir… ça me mine beaucoup, je me sens incapable, mais j’ai été très bien accueillie sur ce point-là par l’assistante maternelle qui est adorable. Je suis confiante, mais pas rassurée pour autant.

C’est ainsi que Monsieur J a fait 4 jours d’adaptation la semaine dernière, et commence donc sa première semaine « complète » chez l’assistante maternelle aujourd’hui. Il y passera 4 jours par semaine, de 8h30 à 17h, amené par son papa le matin tandis que je m’occuperais de le récupérer le soir. J’ai crains un peu la fatigue causée par le trajet, l’assistante maternelle habitant à une vingtaine de minutes à pied et dans une route toujours descendant depuis chez nous, ce qui implique de remonter, et la pente est sévère. Mais cette éventuelle fatigue musculaire supplémentaire n’est rien comparée au repos que procure l’absence plusieurs heures par jour du petit garçon de deux ans et demi, si gentil soit-il, qui est de plus en plus vif alors que je suis toujours plus au raz des pâquerettes. Et surtout, ça me permet de passer un peu de temps de qualité avec Miss K, ce qui était loin d’être quotidien depuis sa naissance…

Bref, pour le moment, cette rentrée me laisse une boule au ventre, et une autre en travers de la gorge, renforcées par les cauchemars habituels propre à cette période de l’année.

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Ces lettres à écrire

Ou plutôt, ces lettres à poster…

Malgré le peu de publications sur mon blog au long de cette année, j’y ai beaucoup écrit, j’ai des dizaines de brouillons, qui sont justement trop… brouillons, pour être publiés.

Outre leur état pas vraiment lisible par autre que moi, et mon état qui fait que j’ai du mal à les relire et les mettre en forme, j’ai le sentiment qu’ils doivent être précédés d’autre chose, qu’ils ne servent à rien tels quels…

Très souvent ces dernières années, que ce soit au travers de témoignages – directs ou non – ou d’entretiens avec des professionnels, j’ai entendu parler des lettres. Ecrire une lettre à celui ou celle à qui on a besoin de dire tant de choses, que le but final soit de la faire lire à la personne concernée ou pas d’ailleurs, aurait un effet libérateur.

La nécessité de le faire ne m’avait jamais parue discutable, mais ne m’avait jamais sauté aux yeux pour autant. Aujourd’hui, je ressens le besoin de le faire. Comme à mon habitude, je me disperse, j’écris à de nombreuses personnes à la fois, mais j’arrive à faire le tri pour cet « objectif ».

Ces lettres seront publiées ici, j’en ressens le besoin. Si j’arrive à les rendre lisibles, mais je pense être en bonne voie.

Rayonnante

C’est un autre des petits tours du Monstre. Il est très fort pour me faire porter un masque. Ce masque, je voudrais qu’il tombe, mais je n’y arrive pas.

Depuis la naissance de Monsieur J, le masque se manifestait uniquement quand je me trouvais à l’extérieur avec cette petite extension de moi. Je le sais, je l’ai senti et je l’ai vu tout de suite, je n’étais jamais la même seule avec lui que quand nous recevions du monde ou que nous étions nous-même en visite. Il se passe la même chose avec Miss K.

Maintenant, il se superpose en permanence.

J’ai l’impression d’être toujours en train de lutter contre la fatigue, pour garder les yeux ouverts, garder une posture droite, un rythme de marche convenable, et ce à peine quelques heures après le lever, alors que la mi-journée n’est pas encore atteinte.

Alors est-ce la faute aux couleurs glanées pendant nos deux petites semaines de vacances ? Ou l’effet des rondeurs sans reproches de la grossesse ? Est-ce parce qu’on m’a appris à sourire, quels que soient les sentiments qui m’habitent, en tous temps ?

Aucune idée, j’ai cessé très rapidement de me poser la question. Tous, ou plutôt toutes, puisque la plupart des personnes qui m’encadrent sont des femmes, me trouvent rayonnante. L’équipe du CMP, celle de la PMI, la puéricultrice venue à la maison en début de semaine, celle du nouveau lieu d’accueil découvert il y a quelques jours, la nouvelle assistante maternelle, la sage-femme de la maternité.

Pendant ce temps, mobilisant toute ma concentration pour capter le moindre de leurs mots, je lutte pour garder les yeux ouverts. Et à chaque fois que j’entends ce mot, j’ai envie de pleurer, de hurler. A quoi bon ? Mes rares forces sont monopolisées pour être éveillée.

Le Monstre

Contrairement à moi, il semble dormir et se réveiller comme il veut. Il a la belle vie. Il se suffit à lui même, et quels que soient les reproches qu’on puisse lui faire, ils ne surviennent qu’après son passage dévastateur, qui ne laisse que des larmes et cette sensation de mal-être, d’être sale, de ne plus être soi-même.

Il pourrait être le monstre de n’importe quoi, c’est pourquoi il est simplement « Le Monstre ». De n’importe quoi, car n’importe quoi semble le nourrir ces derniers temps. Un petit mot ou une petite phrase, un geste, un regard, une attitude, une odeur, ou pire : un souvenir.

Il est là, toujours prêt à me rappeler que nous ne faisons qu’un.

Le Monstre, c’est moi.

Parfois, il disparait aussi vite qu’il est apparu. C’est dans ces moments-là qu’il fait peut-être le plus de mal. A peine le temps d’agir, pas le temps de réaliser, que je tombe de haut, à l’instar de ceux qui m’entourent.

C’était vraiment ma voix ? Ces mots si méchants sont-ils réellement sortis de ma bouche ? Ces larmes dans ces petits yeux, en suis-je la cause ? Cette main qui s’est abattue avec violence sur la table, renversant les verres, c’était la mienne ? Et celle-ci, qui a lâché un plat au beau milieu de la cuisine ?

Il arrive même que je ne me rende plus compte qu’il a surgi. Encore un trou noir, puis un autre, quelques secondes. Ces secondes perdues qui me rendent encore plus violente, car personne n’arrive à me convaincre que je les ai réellement vécues, puisque je ne m’en souviens pas. Malgré ma détermination première, je n’en ai toujours parlé à personne, à part à mon loup, succinctement. Il n’y a que cet espace qui en soit réellement témoin.

 

* * *

 

Depuis mon dernier article, ça ne va pas mieux. Dans un éclair de lucidité, la semaine dernière, j’ai voulu vérifier à quelle date j’avais balancé cet article décousu qui disait la souffrance qui m’habitait depuis quelques semaines. J’avais l’impression que c’était hier. C’était au début du mois de février. Six mois, bientôt sept. Juste avant la grossesse. En réalité, aujourd’hui, Miss K fête ses 10 mois, et je pense que cette douleur est presque aussi vieille qu’elle. J’ai toujours cet étau autour du coeur, de plus en plus serré par cette petite voix qui insiste, qui me dit « tu n’y arriveras jamais ».

Depuis mon dernier article, je ne parle plus du bébé. Il n’a toujours pas de prénom, il n’a toujours pas de chambre. Certains jours, j’ai l’impression de ne pas vouloir qu’il soit là, alors que j’étais certaine de l’aimer d’un amour fou lors du « déclic », puis quand j’annonçais sa présence à ma famille. Je ne supporte plus les conversations autour des grossesses, ou des bébés, ou des enfants.

Depuis mon dernier article, je dors toujours de moins en moins. Chaque jour depuis des semaines, je me dis que ce n’est pas possible d’être autant fatiguée, que ça ira forcément mieux demain.

Le monstre, lui, semble grandir et s’épanouir de plus en plus.

Ne le dis à personne

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Le déclic n’a finalement pas eu l’effet escompté. Il a tout de même amené avec lui le temps des annonces à la famille, mais il y en a eu assez peu au final. Ca se voit aussi sur le blog, j’ai une impression affreuse chaque fois que j’écris, alors je garde mes brouillons mais je ne publie pas…

J’ai redouté ces moments, redouté d’en parler. Il faut dire que le peu de cas similaires dans mon entourage ont donné lieu à des remarques et piques plutôt mauvaises, et un malêtre entre les personnes concernées. Je n’avais pas envie de me rajouter ça sur le dos.

Le pire, dans ma vision de ces annonces, c’était de le dire à mon père, lui qui s’est vu reprocher toute son enfance d’être né seulement 13 mois après sa soeur. Lui qui m’avait dit qu’avoir une famille nombreuse de nos jours est fardeau, alors qu’il a eu lui même trois enfants. Lui qui n’avait montré aucune joie, même feinte, quand mon frère lui avait appris qu’il allait être papa à son tour.

Ces points ont fait l’objet d’un éclaircissement lorsque j’ai eu enfin le courage de lui en parler. Il a été au final assez bienveillant au début, même s’il s’est fendu, faussement rigolard, d’un « mais après vous vous arrêtez hein?! »… J’ai été contente au final d’entendre ça au téléphone plutôt que de vive voix.

En ce qui concerne ma mère, mes frères et ma belle-soeur, ça s’est très bien passé, à coup de grandes félicitations, de câlins, de larmes de joie. Pourquoi en ai-je douté ? Aucune idée, après réflexion il est évident qu’ils n’auraient pas réagi autrement mais je ne sais pas vraiment ce qui m’a pris… tout, autour de cette grossesse, me rend tendue et nerveuse, me fait peur.

La dernière annonce qui a eu lieu face à face était celle faite à la maman de mon loup. Nous sommes allés déjeuner chez elle et pour une fois elle nous a reçue seule. Monsieur en vacances, petit frère au travail, pas de clients au gîte : nous avons pu profiter d’elle à temps plein. Elle guettait l’annonce. Oui oui, elle guettait. Elle nous a avoué quand nous lui en avons parlé qu’elle savait, qu’elle y avait pensé la veille, sans savoir comment. Le tout avec un grand sourire que je ne lui connaissais pas. Bref, une mamie heureuse.

Le reste de la famille et des amis très proches, du moins de mon côté, ont été mis au courant il y a deux semaines seulement, le lendemain de notre échographie du deuxième trimestre, sur notre « groupe secret » de famille sur FB. J’ai répondu brièvement aux messages, sans insister, et depuis je n’en parle plus.

Aujourd’hui, à 24 semaines, j’ai encore beaucoup de mal à parler de la grossesse, avec qui que ce soit, même les professionnelles qui me suivent. J’aime encore moins être enceinte que les fois précédentes, j’ai des douleurs fortes au ventre qui s’ajoutent à celles connues précédemment et surtout, grande nouveauté, je déteste le sentir bouger. Même sur ce blog, sur cet espace anonyme qui m’appartient, je me sens mal dès que j’en parle.

7h du matin

Pendant de longues années, 7h du matin, ça ne voulait rien dire pour moi. C’était juste une heure, que parfois je ne voyais, un chiffre de plus dans une journée un peu trop libre. La plupart des jours de la semaine, à 7h, j’étais dans le train, sur la dernière partie du trajet qui m’amenait au travail. Quelques rares matinées, quand j’habitais près du boulot, il m’arrivait de m’attribuer le luxe de dormir encore à cette heure là, voire bien après.

Vendredi, il y a quatre jours, 7h du matin. Je suis la première réveillée, pour une fois, mais ce n’est pas mon premier réveil. Une nuit hâchée de cauchemars, de la peur de les laisser. C’est ma dernière journée de la semaine avec eux, je compte bien en profiter. Avec ces nombreuses coupures, j’ai tout de même réussi à dormir un peu plus de cinq heures.

Samedi, il y a trois jours, 7h du matin. Je suis levée et installée dans le canapé depuis près d’une heure. Cette première nuit sans eux a été un enfer à vivre. Cauchemar sur cauchemar, je suis habitée par des idées d’accidents de la route, d’abandon, de peur de ne jamais les revoir. J’ai dormi un peu moins de 5h, en deux fois.

Dimanche, il y a deux jours, 7h du matin. Ca fait quarante minutes que je suis réveillée, après un peu plus d’une heure et demie de sommeil. Aux mêmes cauchemars que les deux nuits précédentes s’ajoutent des douleurs impossible à faire disparaître, à la tête, au dos, au ventre. Les coups de soleil, la nourriture trop riche, les heures dehors… pas la peine d’accuser tout ça, c’est la distance et les heures sans eux qui me mettent dans cet état. J’avais dormi une première fois un peu moins de trois heures, en « début » de nuit. A nouveau moins de 5h, donc.

Lundi, hier, 7h du matin. Les premiers bruits de réveils se font entendre. Je suis dans le canapé, pas endormie mais pas tout à fait réveillée non plus. Ca fait deux heures que ça dure. Je me suis encore couchée trop tôt hier soir. Couchée trop tôt, réveillée trop tôt, de trop nombreuses fois, encore. Je les ai retrouvés, mais je n’ai pas passé une meilleure nuit. J’ai dormi… non, cette fois-ci je ne sais pas combien de temps, je n’ai pas pu me résoudre à allumer mon téléphone et contempler encore une fois les minutes défiler.

Mardi, ce matin. Il est 7h du matin. Mon premier lever date d’un bon quart d’heure. Cette fois-ci je me résigne, je me relève, définitivement, les enfants sont bien réveillés. Préparation du petit dej la tête dans le gaz. Pourtant, j’ai dormi d’une traite cette nuit. Environ 4h, quelque chose comme ça. J’ai arrêté de regarder l’heure après 2h20.

Mercredi, demain matin, 7h du matin. Ce sera l’heure de décollage de l’avion, si tout se passe bien. Je ne peux pas m’empêcher de dire ça, « si tout se passe bien ». Je suis morte de trouille. Est-ce que les peurs liées à ce baptême de l’air vont encore m’habiter la nuit prochaine, venir se rajouter à toutes les autres ?

La malle et le passager

[Post initialement écrit le 15 mars 2018]

Se faire la malle : partir, s’enfuir.

Le site expressio nous dit :

Cette expression semble apparaître vers 1935 dans les milieux carcéraux pour signifier « s’évader ».
Construite sur le même modèle que les expressions argotiques « se faire la belle » ou « se faire la paire », elle marque simplement le fait que l’évadé est, au figuré, « parti en voyage » et qu’il a donc préparé et emporté sa malle ; même si, dans la réalité, il est peu probable qu’il se soit encombré de ses effets avant de disparaître.

Mais peut-être que je lui préfère finalement l’expression filer à l’anglaise. Elle m’a toujours fait rire cette expression, surtout depuis que je sais que nos amis de l’autre côté de la Manche nous la retournent bien 😉 Filer à l’anglaise, c’est donc disparaître sans que personne ne le remarque, partir sans se faire remarquer, sans dire au revoir.

Il y a donc quelqu’un, ou plutôt quelque chose, qui s’est fait la malle… et à sa place, depuis un mois, un petit passager.

Je ne sais pas quoi penser, à part que je m’en veux énormément. Je n’ai pas eu besoin de le dire à ma sage-femme, qui l’a lu sur mon visage, et s’est empressée de dire que si je devais en vouloir à quelqu’un, c’était à elle. Qu’elle n’avait pas fait de contrôle, ni au bout d’une semaine, ni au bout d’un mois, alors qu’on se voyait régulièrement.

Mais comment lui en vouloir ? Elle est si douce et prévenante, a pris tant soin de moi pendant cette précédente grossesse et lors du retour à la maison…

[Fin du post initialement écrit le 15 mars 2018]

Au vu des précédents posts, vous comprenez donc qui s’est fait la malle, et qui est le passager.

C’est en revenant de ce rendez-vous, que j’ai écrit ce post, le lendemain de la deuxième prise de sang. J’étais en larmes en le rédigeant, ce que ne reflète pas du tout le texte. Je n’étais ni triste ni malheureuse d’être enceinte, j’étais simplement en plein conflit intérieur. Je le suis toujours un peu, malheureusement, mais les jours qui avaient précédé, les disputes avec mon loup étaient nombreuses, et les doutes sur les temps à venir encore plus.

Il y avait aussi des larmes de soulagement. Je n’avais plus jamais fait de prises de sang successives depuis ma fausse couche début 2014, et de voir à 48h d’intervalle un taux qui n’avait pas doublé m’avait filé la chair de poule. Entre ces chiffres et la présence encore supposée du stérilet avant l’examen, j’avais tout imaginé : grossesse non évolutive, grossesse extra-utérine, fausse-couche en cours ou future, perforation utérine… La sage-femme avait commencé par un toucher vaginal pour tenter de sentir le stérilet et n’avait rien pu atteindre, et c’est avec l’échographie que nous nous sommes toutes les deux rassurées. Elle avait les mêmes peurs que moi et envisageait de me faire partir aux urgences après notre rendez-vous si le stérilet avait encore été en place.

Le soulagement n’a pas été immédiat, d’où la tension tout le reste de la journée, jusqu’au relâchement, partiel au moment de la rédaction de l’article.

Aujourd’hui je n’en veux à personne, je ne profite pas encore vraiment de cette grossesse ceci dit, même si j’en ai bien l’intention. Malgré le déclic, un petit blocage persiste, notamment vis-à-vis de certaines sensations, dont celles du jour de l’échographie du 1er trimestre.

Mais tout ça fera partie d’un prochain article.